/news/currentevents
Navigation

Procès Turcotte: Turcotte était un père aimant, plaide la défense

La défense blâme la maladie mentale pour le drame

Guy Turcotte
Photo Le Journal de Montréal, Martin Alarie Guy Turcotte

Coup d'oeil sur cet article

Guy Turcotte aimait tant ses enfants que seule la maladie mentale a pu le pousser à les tuer, a plaidé l’avocat de l’ex-cardiologue ce mercredi.

«Vous devrez essayer de dénouer le mystère de cette personne qui a fait ça à ses enfants qu’il aimait d’amour», a résumé Me Pierre Poupart au jury qui devra décider du sort de l’ex-cardiologue, accusé des meurtres d’Anne-Sophie et d’Olivier survenus en février 2009, peu après sa séparation avec son ex-femme qui le trompait.

Plongeant en détail sur chaque témoignage entendu au procès, l’avocat a continué son blitz afin de convaincre que l’accusé de 43 ans est non criminellement responsable de ses actes.

Me Poupart s’est par exemple attaqué à un expert de la Couronne, qui avait qualifié le trouble d’adaptation de Turcotte au «rhume de la psychiatrie».

«Le rhume psychiatrique entraîne la mort et il le fait très souvent», a répliqué Me Poupart, tout en rappelant que les psychiatres s’accordaient tous à diagnostiquer ce trouble à l’accusé.

Quant à l’infirmière à qui Turcotte aurait dit avoir tué les petits de 3 et 5 ans «pour faire chier (son ex-femme) Isabelle Gaston», l’avocat a qualifié cette déclaration «capitale» de «radicalement invraisemblable». C’est que la témoin, malgré plusieurs déclarations, n’en avait pas parlé avant ce deuxième procès.

«S’il n’est pas criminellement responsable, malgré les émotions, vous ne devez pas le déclarer responsable de ses actes», a plaidé Me Poupart tout en qualifiant le drame de «cataclysme» et de «carnage».

Mauvaise image

Au cours de ses plaidoiries, Me Poupart a utilisé l’image de la tragédie de Lac-Mégantic pour illustrer la maladie mentale de Turcotte, en expliquant que le train en soi n’était pas responsable du drame.

Mais le juge André Vincent l’a rapidement interrompu.

«Je pense que votre image est mal placée», a lancé le magistrat.

Toujours sur la maladie mentale, Me Poupart a également mentionné la tentative de suicide au méthanol de Turcotte le soir du drame. Le fait qu’un cardiologue qui sait comment mourir ait consommé cette substance est évocateur de sa détresse, a-t-il ajouté.

Quant à la thèse du meurtre par vengeance, la défense a rejeté cette possibilité étant donné que tous les témoins, y compris Isabelle Gaston, ont décrit l’accusé comme un père aimant.

«C’était un bon papa qui aurait voulu être un bon mari, et un maudit bon médecin», a ajouté Me Poupart, qui poursuivra ses plaidoiries ce jeudi.

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.