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Perquisition au ministère de la Justice : le bordel de 40 M$ intéresse l’UPAC

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La perquisition de l’UPAC au ministère de la Justice concernerait le désastreux système intégré d’information de justice (SIIJ), a appris notre Bureau d’enquête.

Ce projet informatique n’a pas besoin de présentation dans le milieu. Il devait se terminer en 2007, mais a été retardé puis finalement annulé en 2012, flambant ainsi 40 M$ des contribuables québécois.

En bref, le SIIJ devait permettre l’informatisation de l’administration judiciaire partout au Québec.

En 2013, Québec a dépensé 340 000 $ en «fermeture du dossier», avait-on révélé. Le SIIJ était alors mort et enterré.

La gestion s’est avérée chaotique. En 2012, le vérificateur général écrivait d’ailleurs que le projet souffrait d’un «manque de rigueur». Le VG avait même remarqué que les rapports présentés au gouvernement sur l’avancement du projet contenaient «peu d’informations sur les délais [...], les écarts et la mise en place de mesures correctrices». Le ministère s’enfonçait donc, seul, sans tout dire au Conseil du trésor.

Mercredi matin, l’UPAC a effectué des perquisitions à Montréal dans les locaux de la direction informatique du ministère. Au moins un haut fonctionnaire du ministère de la Justice aurait obtenu des avantages d’une entreprise en échange de contrats publics.

La ministre ne commente pas

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, n’a pas voulu commenter, en raison de l’enquête en cours. Elle ne s’est initialement pas levée en chambre pour répondre à la question de la CAQ sur le sujet. Elle a laissé le ministre de la Sécurité publique répondre, mais ce dernier était absent et était remplacé par le ministre des Forêts, Laurent Lessard, soulevant l’indignation du député caquiste Simon Jolin-Barrette.

Ce dernier a déploré le manque de réponses et juge qu’il ne s’agit pas d’un événement anodin. «La ministre doit nous dire les mesures qu’elle a entreprises pour faire le ménage dans sa direction [informatique]», dit-il, parlant d’une situation «extrêmement préoccupante pour l’intégrité, l’image et la confiance du public dans le système de justice».