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La dernière révolution de Jennifer Lawrence

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LOS ANGELES | Avec la sortie de Hunger Games: La Révolte - Dernière partie, dernier chapitre des aventures de Katniss Everdeen, Jennifer Lawrence doit tourner la page sur quatre ans de sa vie.

Celle qui a été choisie en 2011 pour incarner l’héroïne de la saga postapocalyptique de Suzanne Collins a vu son existence transformée par le succès. Avec candeur, elle a livré ses impressions et ses sentiments sur son expérience.

Finis les cheveux longs et bruns de Katniss Everdeen, Jennifer Lawrence s’est présentée, le jour d’Halloween, à la conférence de presse du dernier volet des Hunger Games, les cheveux courts, blonds, légèrement ondulés, parfaite incarnation de la nouvelle génération hollywoodienne, décontractée, mais sérieuse et résolue.

Dans Hunger Games: La Révolte - Dernière partie, Katniss – avec Gale (Liam Hemsworth) et Peeta (Josh Hutcherson) – va continuer de mener la révolte des districts contre le Capitole, signalant ainsi la fin du règne dictatorial du président Snow (Donald Sutherland).

«J’ai l’impression qu’il y a deux fins à l’histoire de Katniss. La première, quand nous avons terminé le tournage à Berlin [NDLR: en juin 2014, le film a été tourné en même temps que la première partie] était une sortie d’adieu au film. Puis, un an plus tard, j’ai tourné une scène avec mes neveux. Ils incarnent les enfants de Katniss, et c’était une magnifique conclusion à mon personnage que j’ai aimé pendant tant d’années. Le fait d’avoir ma famille, ma famille de sang, en plus de ma famille professionnelle sur le plateau m’a permis de dire au revoir aux deux», a-t-elle expliqué devant les journalistes rassemblés dans une salle de conférence de l’hôtel Four Seasons de Beverly Hills.

Agenda chargé

Accompagnée de ses deux collègues masculins, Liam Hemsworth et Josh Hutcherson, ainsi que par le réalisateur Francis Lawrence et la productrice Nina Jacobson, l’actrice de 25 ans n’a pas fait mystère de ses sentiments. «Je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir véritablement fait mes adieux à Katniss. Je crois que ça va être bizarre quand le film sera sorti et que tout sera réellement terminé.»

Peut-être est-ce pour lutter, de manière préventive, contre cette impression de vide qu’elle s’est lancée à corps perdu dans le travail. Car elle enchaîne les tournages à un rythme effréné, et ses admirateurs auront l’occasion de la voir le 25 décembre dans Joy, troisième film de David O. Russell – après Le bon côté des choses et Arnaque américaine – dans lequel elle partage la vedette avec Bradley Cooper.

«J’ai vieilli plus vite qu’un président!», a-t-elle lancé non sans humour en abordant le sujet de son emploi du temps redoutablement chargé. Désormais âgée d’un quart de siècle et avec un Oscar en poche, la jeune fille a avoué avoir été obligée de mûrir de manière prématurée. «J’ai mis quelques années à m’habituer, tant mon univers a changé. Maintenant, j’ai une nouvelle normalité, je me sens stable et heureuse», a-t-elle dit. Puis elle a ajouté: «Il est tellement facile de s’isoler», laissant ainsi transparaître, le temps d’une remarque rapide, le prix qu’il faut parfois payer pour être une star.

Précision

Jennifer Lawrence n’a jamais eu la langue dans sa poche et elle a également profité de cette réunion de tous les médias nord-américains importants pour revenir sur l’éditorial qu’elle avait écrit et qui avait été publié dans Lenny, l’infolettre de Lena Dunham et Jenni Konner. Elle s’y insurgeait contre le fait que, pour Arnaque américaine, elle avait été payée moins que Bradley Cooper et Christian Bale. Mais, loin de jeter la pierre aux studios Sony, elle s’en est pris à elle-même.

«Je profite de cette occasion pour dire que je ne me plaignais pas de gagner moins que mes collègues masculins, mais du fait que je n’étais pas plus payée parce que je suis une femme», a indiqué celle qui a été sacrée actrice la mieux payée de l’année par le magazine Forbes grâce à ses revenus de 52 millions $.

Cette insécurité latente est d’autant plus ironique que Jennifer Lawrence fait partie de cette nouvelle génération d’actrices, celles qui obtiennent des rôles égaux à ceux des hommes, qui font le coup de poing et qui sont le personnage principal d’une saga hautement rentable ; les trois premiers Hunger Games n’ont-ils pas rapporté la somme de 2,03 milliards $ au box-office international?

«Je suis extrêmement reconnaissante, a-t-elle souligné. Je ressens constamment l’impact d’avoir fait partie d’un tel succès qui a signifié tant de choses pour tant de gens. Ce personnage est, et c’est évident, un rôle féminin iconique. Mais je ne sens pas d’impact de manière personnelle. Je crois que c’est quand on devient conscient de cela d’une façon intime que ça enlève quelque chose au film et aux personnages. Katniss est, en quelque sorte, mon avatar.»

L’enfer des égouts du Capitole

Dans Hunger Games: La Révolte - Dernière partie, Katniss mène toujours le soulèvement contre le Capitole, dirigé par la présidente Coin (Julianne Moore). Si elle peut compter sur le soutien indéfectible de Gale, elle doit aussi composer avec l’attitude erratique de Peeta, dont le cerveau a été lavé par les hommes du président Snow.

Les scènes les plus prenantes du roman – et du film – sont celles qui se déroulent dans les tunnels souterrains de la ville emblématique de la dictature à laquelle sont soumis les districts. Mais elles ont également été, de l’aveu de Jennifer Lawrence, Liam Hemsworth, Josh Hutcherson et Francis Lawrence, les pires moments du tournage.

Le cinéaste s’est souvenu des «trois semaines d’enfer, qui ont donné l’impression de durer neuf semaines» passées dans un espace exigu, à filmer ses acteurs avant d’ajouter les créatures assoiffées de sang qui les pourchassent par ordinateur. Le groupe de résistants s’enfonce dans les tunnels du Capitole et patauge dans l’eau tout en essayant de sauver leur peau.

«Oui, l’eau était chauffée, mais nous devions tous porter des casques et personne ne pouvait se tenir complètement debout. Tout était constamment mouillé, tout le monde était malheureux», de préciser Francis Lawrence.

Du coup, les acteurs, eux, avaient des préoccupations très terre-à-terre. «Nos costumes n’étaient pas du tout étanches, a indiqué Josh Hutcherson. Des poches d’eau se formaient un peu partout.»

 

 

Hunger Games: La Révolte - Dernière partie déboule dans les salles de cinéma de la province ce weekend.