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Stéfanie Trudeau agressive en cour

Le juge a ramené à l’ordre l’ex-policière qui a levé le ton lors de son contre-interrogatoire vendredi

Stéfanie Trudeau
Les représentations lors du procès de Stéfanie Trudeau, alias «Matricule 728», se sont terminées vendredi à Montréal. Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin


L’agente Stéfanie Trudeau, surnommée «Matricule 728», a témoigné de façon agressive lors du dernier jour de son procès, vendredi, en levant le ton, ce qui lui a attiré des remontrances du juge.

Le magistrat Daniel Bédard, qui préside l’audience pour voies de fait à la suite d’une arrestation musclée sur le Plateau-Mont-Royal, a dû ramener à l’ordre l’ex-policière à deux reprises, lui demandant de ne pas interrompre le procureur de la Couronne.

Il a même décidé de prendre une pause pour lui permettre de se calmer.

«Vous êtes en contre-interrogatoire, c’est normal que vous soyez stressée et que vous ne soyez pas toujours d’accord avec les questions qui vous sont posées. Mais le procureur vous vouvoie et vous devez continuer de le vouvoyer aussi. Il est préférable de ne pas argumenter et de répondre à la question», a-t-il critiqué.

Stéfanie Trudeau a décrit en détail le déroulement de la soirée du 2 octobre 2012, lorsqu’elle a voulu interpeller un homme qui buvait une bière sur le trottoir en compagnie de deux amis.

« J’ai suivi mon instinct »

Elle affirme que c’est parce qu’elle a été reconnue dès le début comme étant la fameuse «Matricule 728», devenue une «vedette» des réseaux sociaux pour avoir «poivré» des manifestants dans une vidéo, que l’intervention a dégénéré.

«Si je n’avais pas été “728”, jamais ça n’aurait été hostile comme ça. Jamais je ne me suis sentie autant haïe. C’était une intervention banale, le nombre de personnes que j’ai rentrées en cellule pour une bière, je peux les compter sur les doigts de ma main, dans ma carrière», a-t-elle soutenu.

Mme Trudeau a admis en contre-interrogatoire qu’à la lumière de tout ce qui s’est passé, elle agirait différemment si l’intervention était à refaire.

«Sur les lieux, au moment des faits, j’ai suivi mon instinct. Avoir su, je ne serais pas rentrée et j’aurais attendu des renforts, mais sur le coup on prend la décision qu’on peut», a-t-elle expliqué.

En plus du témoignage de la policière, la défense a fait entendre un expert en usage de la force qui a conclu que l’intervention de Mme Trudeau avait été bien menée puisque personne n’avait été blessé.

Les deux parties ont également fait leur plaidoirie devant le juge. Me Jean-Pierre Rancourt, de la défense, a attaqué la crédibilité des trois hommes qui ont été visés par l’intervention de Mme Trudeau.

Le procureur Jean-Simon Larouche a quant à lui plaidé que l’arrestation menée par l’ex-policière était «illégale» et que Stéfanie Trudeau avait fait usage d’une «force excessive», ce qui constituait dans un cas ou dans l’autre des voies de fait.

Le juge devrait rendre sa décision au début 2016.

 

Ce qu’a dit Stéfanie Trudeau devant la Cour...

« Je leur ai dit de s’identifier sur ce ton [autoritaire], pas de s’il vous plaît. Je suis une police, on n’est pas en maternelle ou au CPE. »

« Quand il m’a donné des coups de pied, ce n’était pas pour danser la claquette, certain. »

« L’hostilité dans la place n’avait pas changé. J’étais ciblée, j’avais peur qu’on m’encercle et qu’on me fasse craindre pour ma sécurité. »

« Si je vois quelqu’un faire une infraction, je vais faire mon intervention jusqu’au bout. »

« Je suis une personne tolérante, patiente. Je donne toujours des chances. »

« C’est aberrant. En 20 ans, j’ai toujours abordé les gens de façon correcte. Si c’est hostile, je ne vais pas me laisser faire. »

« [Au sujet de la vidéo où elle traite ceux qu’elle vient d’arrêter “d’esties de gratteux de guitare”:] Vous ne comprenez pas notre travail. Ventiler, ça me fait du bien. On a tous notre façon de le faire, moi j’avais besoin d’en parler. »

« Quand on n’a jamais arrêté quelqu’un, ç’a l’air facile, mais quand la personne résiste, c’est difficile. Des fois, ça peut prendre cinq gars pour arrêter une personne. »

 
 






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