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Un succès familial

Un succès familial
Photo courtoisie

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La décision de Super Écran de diffuser des séries originales de fiction semble porter ses fruits, puisque la première saison de Madame Lebrun a été un des plus grands succès d’auditoire de la chaîne payante. Étonnamment, malgré les blagues osées et un vocabulaire à la limite du vulgaire, Madame Lebrun s’avère un rendez-vous familial.

Selon les données d’auditoire recueillies par Super Écran, beaucoup d’enfants écouteraient l’émission. En entrevue pour parler de la 2e saison, qui a débuté jeudi soir, Benoît Brière s’en étonne.

«À l’enregistrement, il y a des enfants qui arrivent même avec des pancartes: “on t’aime Madame Lebrun”, confie-t-il. Ça peut peut-être faire pastoral de dire ça, mais oui c’est une bonne femme épouvantable, en même temps, c’est une mère omniprésente... on doit ressentir ça. On reconnaît aisément le caractère familial. Il y a beaucoup de monde qui nous dit: "si vous saviez à quel point c’est comme ça chez nous, ça ­ressemble à “mononcle Untel...”»

« Je trouve ça dur de jouer avec Pierrette Robitaille. Je deviens spectateur quand je la regarde. C’est probablement la femme qui me fait le plus rire dans la vie. Elle est un génie de la comédie. Je suis en amour avec Pierrette! » – Benoît Brière

Madame Lebrun marque le retour du burlesque pur et dur à la télévision, et le succès d’écoute prouve qu’il y avait une demande, un besoin de ce côté-là, selon Benoît Brière. «J’ai l’impression de vivre une sorte de renaissance d’Olivier Guimond dans le temps de Crébasile, mais dans une facture plus moderne», se réjouit-il.

Des cascades

Le second volet de la série comporte sept épisodes plutôt que les dix de la première saison. Et le burlesque est poussé encore plus loin.

Les deux premiers épisodes sont consacrés à Noël. Le deuxième, diffusé jeudi prochain, a été le plus long à tourner de la saison. Benoît Brière a dû faire une cascade... parce que Madame Lebrun est accrochée dans le sapin, au plafond, les pieds dans le vide. «On est de plus en plus dans la folie. (...) Il y a des scènes incroyables, soutient le protagoniste. Je me disais souvent: “est-ce qu’on va vraiment là?”. Ce sont des choses mirobolantes.»

On y verra également la pièce sur la nativité qu’a décidé d’écrire Madame Lebrun, en se donnant le rôle de la Vierge Marie. «Attendez-vous à ce qu’on ne suive pas la bible à la lettre», ricane Benoît Brière. Plus tard, Carole (Sylvie Moreau), la fille de Madame Lebrun, s’amourachera de son professeur de ­psycho, joué par Christian Bégin — qui est formidable, indique Benoît Brière.

Rôle exigeant

Tourné devant 250 personnes, Madame Lebrun demande un travail colossal pour l’équipe et pour les comédiens. Sur le plan du jeu, tout est calculé.

«Il y a à peu 45 pages de textes par ­épisode. On en tourne un par semaine, parfois deux. C’est une pièce de théâtre, alors il faut la faire du début à la fin en étant ­cohérent et très solide.»

Les journées de tournage ont lieu après avoir fait deux répétitions de trois heures chacune pour tout mettre en place.

«C’est extrêmement exigeant, explique M. Brière. Quand je finis ma “run” de Madame Lebrun, il est temps. Je commence à perdre mon poil de jambes à cause des bas-culottes! Une jambe, ça aime ça respirer. Je ne comprends pas les femmes qui en portent... Enfin, il y en a qui sont mieux que celui que je porte. Moi, le mien, c’est un “libido burner”!» s’esclaffe-t-il.

Un homme occupé

Si tout va comme prévu, l’horaire de Benoît Brière est occupé par le théâtre ­jusqu’en janvier... 2019. Il estime la pièce En attendant Godot, dans laquelle il jouera en mars prochain au TNM, comme une «consécration théâtrale». Il signera ­également sa 10e année au Théâtre du Vieux Terrebonne l’été prochain...

«Je suis un gars gâté pourri par l’industrie», laisse-t-il tomber.