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Des taxis pour la planète

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J’ai grandi avec les taxis Hochelaga. Les autos étaient noires et les dômes orangés. Aussi brinquebalants que le quartier du même nom, mais propres, avec un service impec. Les chauffeurs ouvraient la portière aux dames et portaient les paquets jusqu’à la maison.

Ma mère n’aurait jamais utilisé une autre compagnie.

Les politiciens ont les mots « électrification des transports » à la bouche depuis des années, mais qu’ont-ils fait de concret ?

Quelques décennies plus tard, voilà que Taxi Hochelaga réapparaît dans mon champ de vision. Nouveau propriétaire, le dragon Alexandre Taillefer, et surtout une nouvelle filiale, Téo Taxi (nom sympa) 100 % électrique. Pas n’importe quelles autos, mais les prestigieuses Tesla, Mercedes de l’auto électrique.

Ça roule dès le 26 novembre. À quand la même chose pour Québec?

Politique c. affaires

Pendant ce temps, les chefs d’État du monde, leurs fonctionnaires et leurs ministres se préparent pour la grand-messe écolo à Paris en décembre. J’ose prédire que l’initiative échouera: trop d’intérêts divergents, de politique, d’ego et pas assez d’argent. Mais il ne faut pas désespérer pour autant: pendant que les politiciens parlent, des entrepreneurs agissent.

Tous les sondages indiquent que les Québécois sont allergiques au privé. Malgré le délabrement de nos écoles, de nos rues et de notre système de santé, malgré la corruption dans l’appareil étatique, nous continuons de croire que le gouvernement fait tout mieux que tout le monde, et à moindre coût.

Les politiciens ont les mots «électrification des transports» à la bouche depuis des années, mais qu’ont-ils fait de concret? Oui, les États ont un rôle d’encadrement et d’investisseur à jouer — je pense entre autres à la tarification du carbone et à l’investissement de 420 M$ sur cinq ans de Québec (des pinottes) —, mais c’est l’entreprise privée qui portera le ballon.

Qui fabrique les panneaux solaires? Les éoliennes? Les véhicules électriques? L’éclairage D.E.L.? Le privé.

Les entrepreneurs nouveau genre, souvent issus de la génération X et qui ont grandi avec une conscience des enjeux environnementaux, ne sont pas nos ennemis.

Ils n’agissent pas par bonté de cœur — mais ce n’est pas exclu —, le privé cherche toujours de nouvelles occasions d’assurer la rentabilité et la croissance nécessaires à sa survie de l’entreprise. Ici comme en Chine dite communiste, le profit demeure un bien meilleur incitatif qu’un projet de loi. Surtout quand l’innovation s’impose comme LE carburant des économies modernes. Pas exactement la spécialité des gouvernements.

Même l’Afrique a son fonds d’investissement pour aider les entreprises privées du continent à développer de nouvelles solutions énergétiques peu chères et non polluantes.

Une place pour le Québec

Le Japon arrive premier dans le développement d’énergies propres. Suivi de l’Allemagne et des États-Unis. La Corée du Sud est devenue le leader en biomasse. La Suisse est la championne de l’innovation, tous secteurs confondus. Il y a de la place pour le Québec, si seulement nos dirigeants voyaient l’économie autrement que par la lorgnette des ressources naturelles.

Quand Bombardier fabrique des trains électriques et des avions «propres» comme la CSeries, l’entreprise contribue à la lutte aux changements climatiques. Au même titre qu’Alexandre Taillefer et ses taxis électriques, à une autre échelle.

Et contrairement à Uber, l’autre nouveauté en matière de taxi dont tout le monde parle, en plus d’offrir un service vert, Téo va payer ses impôts au Québec.

 

 

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