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5000 emplois perdus

L’industrie québécoise du génie civil et de la construction est durement touchée

5000 emplois perdus
Photo d'archives

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Le dépôt mardi du rapport de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction réjouit le secteur de l’ingénierie. Au cours des dernières années, les ingénieurs ont été frappés de plein fouet par les travaux de la commission Charbonneau.

Les nombreuses révélations entendues par la Commission ont contribué au ralentissement observé dans l’industrie de l’ingénierie. Selon l’Association des firmes de génie-conseil (AFG), pas moins de 5000 emplois ont été supprimés dans les firmes d’ingénierie entre 2012 et 2015.

Les travailleurs licenciés étaient des ingénieurs, des techniciens ou des employés administratifs. En quelques années, le personnel des cabinets d’ingénierie est passé de 23 000 personnes à 18 000, une diminution de 22 %.

Investissements réduits

«La Commission et la conjoncture économique ont fait mal. Le gouvernement et les villes ont réduit leurs investissements en infrastructures et il y a également eu un ralentissement dans le secteur des mines et métaux», a expliqué André Rainville, président-directeur général de l’AFG.

Des firmes d’ingénierie ont été durement touchées par la conduite de certains de leurs dirigeants. Par exemple, chez Dessau, qui a participé à de la collusion, les frères Jean-Pierre et Rosaire Sauriol ont dû démissionner de leurs fonctions pour permettre à l’entreprise de décrocher des contrats publics. Les firmes SNC-Lavalin et Génivar, devenues WSP, ont aussi été éclaboussées par la Commission.

Dans la construction

Le nombre total d’heures travaillées dans l’industrie de la construction a diminué de près de 8 % de 2012 à 2014, selon des données de la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Les travailleurs ont travaillé 165 millions d’heures en 2012 — il s’agissait d’un sommet lié aux projets miniers, de voirie et au chantier de la Romaine — et 152 millions en 2014. Les données de 2015 ne sont pas encore publiques.

La CCQ estime toutefois qu’il est difficile d’établir une relation entre les travaux de la Commission et la diminution des heures travaillées. D’ailleurs, l’organisation n’a pas mené d’étude spécifique sur l’impact de la Commission et des législations adoptées par l’État sur l’industrie.

«Les fluctuations dans l’activité de l’industrie de la construction s’expliquent par les facteurs structurels qui font évoluer l’économie, notamment les investissements privés et publics», a expliqué Mélanie Malenfant, porte-parole de la CCQ.

L’Association de la construction du Québec (ACQ), qui représente 17 000 entreprises des secteurs institutionnel, commercial et industriel, on estime que le recul des heures travaillées correspond à 6342 emplois perdus et à une diminution de la masse salariale de 400 M$.

L'impact sur les entreprises

  • Ingénierie : perte de 5000 emplois
  • 23 000 employés à 18 000 (- 22 %)
  • Heures travaillées / construction: -8 % de 2012 à 2014
  • Attente de paiement:  jusqu’à  80 jours
  • 7,2 milliards $ / année en retards de paiement

Québec serre la vis

  • Vérification des entreprises par l'AMF et le Commissaire aux contrats publics (contrats de 1 M$ et plus)
  • Un «Passeport entreprise» pour l'accès aux contrats
  • Lobbyisme : portée plus grande de la réglementation 

Brèves

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