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Le rapport Charbonneau ne changera rien à la collusion sur les chantiers, croit «Rambo» Gauthier

Le rapport Charbonneau ne changera rien à la collusion sur les chantiers, croit «Rambo» Gauthier
NICOLAS DUPONT/LE NORD-EST/AGENCE QMI

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Un des témoins vedettes de la commission Charbonneau, Bernard «Rambo» Gauthier, affirme qu’elle n’aura aucun impact concret sur le terrain et qu’il y a encore, à l’heure actuelle, beaucoup de collusion et de corruption sur les chantiers de construction du Québec.

«La collusion, la corruption, il y en a encore. C’est encore bien plein au Québec. On en vit tous les jours. Je suis ici à La Romaine, justement, je parlais avec les gars hier: il y en a encore», a affirmé au Journal Bernard Gauthier, quelques minutes après le dépôt du rapport de la juge France Charbonneau, mardi.

«Il y en n’aura pas d’impact sur le terrain. Je suis resté un peu sur mon appétit tantôt. Il ne s’est pas dit grand-chose là. Pour 44 M$, il ne s’est pas passé grand-chose», a ajouté Rambo.

Le représentant syndical de la FTQ-Construction sur la Côte-Nord, qui avait fait un passage très remarqué à la commission en février 2014, est d’avis que déjà d’autres méthodes ont été mises en place. «Il y en a qui ont trouvé d’autres façons de faire et ils continuent», a-t-il assuré, sans hésiter.

«Ils se sont adaptés, ça c’est sûr et certain. Même quand la commission se déroulait, ils pensaient déjà comment faire pour faire autrement», a poursuivi l’agent d’affaires.

Il reste tout de même sûr que les adeptes de magouilles finiront par être démasqués, notamment sur le chantier hydroélectrique de La Romaine. 

«L’UPAC est en train de faire son travail. Moi je le sais, il y a des enquêtes qui se déroulent. Ils vont faire leur job. Il y en a qui pensent qu’ils sont à l’abri de tout, pis ils ne le seront pas. Ils vont finir par se faire découvrir», a dit Bernard Gauthier.

Des contrats en échange de cadeaux

Bernard Gauthier fait entre autres état de transferts de contrats réputés régionaux à des entreprises de l’extérieur.

«Tu déclares un contrat régional, tu le donnes à une entreprise régionale. L’entreprise régionale a des amis, des partenaires extérieurs de la Côte-Nord et elle le transfère à ses amis. Je le vis présentement, je suis en train d’essayer de débattre tout ça. Ce n’est pas fini, il y a des choses encore qui vont sortir, c’est sûr que ce n’est pas fini», a-t-il martelé.

Il dénonce un manque de suivi de la part de ceux qui donnent des contrats. «Les sociétés d’État, que ce soit le MTQ, Hydro-Québec... ils donnent le contrat, mais ils ne gardent pas de suivi sur le contrat et finalement il se ramasse dans les mains d’une entreprise de l’extérieur de la région.»

En échange de ces contrats, les entreprises auraient droit à des «cadeaux», mais au bout du compte, il y aurait moins de travailleurs locaux sur les chantiers.

«On peut peut-être s’arranger pour des billets au Centre Bell, des petites vacances à Vegas. Toutes sortes de criss de cochonneries comme ça, pis pendant ce temps-là, ce n’est pas nous autres qui en profitent», a déploré le leader syndical.  

 

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