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Guy Turcotte a tué ses enfants à jeun, plaide la Couronne

Guy Turcotte avait « clairement » l’intention de tuer avant de se donner la mort, plaide la poursuite

Guy Turcotte
Photo Le Journal de Montréal, Martin Alarie Guy Turcotte

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Guy Turcotte a tué ses enfants à jeun et c’est après qu’il a consommé du lave-glace, a plaidé la Couronne mercredi au procès pour meurtre de l’ex-cardiologue.

«La défense est fondée sur le fait que [Turcotte] prétend avoir consommé du méthanol avant de poser ses gestes, a lancé Me René Verret au jury en début de ses plaidoiries finales. C’est leur prémisse de base, tout part de là, pour les experts aussi. Or, la seule preuve vient de l’accusé.»

Toute la journée, la Couronne a ainsi exposé sa théorie voulant que Turcotte avait «clairement l’intention de tuer avant de se donner la mort». L’accusé a ainsi été décrit comme un homme en colère, qui pourrait avoir cherché à se venger de son ex-femme qui le trompait et qui l’avait quitté pour un autre.

«Avant de mourir, il voulait tuer ses enfants pour ne pas qu’ils grandissent avec un autre, a plaidé Me Verret. Quand un homme donne 46 coups de couteau à ses enfants de trois et cinq ans dans leur sommeil, il est possible de conclure qu’il avait l’intention de causer la mort», a lancé le procureur, rappelant au passage que la preuve de la poursuite indique qu’Anne-Sophie et Olivier ont été tués en deux temps, a rappelé Me Verret.

Conscient

<b>Me René Verret</b><br />
Procureur
Chantal Poirier / JdeM
Me René Verret
Procureur

Le procureur a également insisté sur le degré de conscience de Turcotte au moment du drame, étant donné que la défense mise sur un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Or, Turcotte avait témoigné qu’il avait réalisé la souffrance d’Olivier lorsqu’il l’avait poignardé.

«C’est lui qui le dit, devant vous, a noté Me Verret en rappelant que pour rendre un verdict de non-responsabilité criminelle, l’accusé doit être incapable de juger que son acte est mauvais. Non seulement il n’arrête pas, mais en plus il continue.»

L’ex-cardiologue avait aussi reconnu avoir déjà dit qu’il savait qu’une mort au méthanol survient en 12 heures au minimum.

«Après, il a dit qu’il se sentait mourir après avoir bu du méthanol», a ajouté Me Verret qui vise la condamnation pour meurtre prémédité.

Un responsable

Me Verret est aussi revenu sur les plaidoiries de la défense, qui s’était attaquée à la crédibilité des témoins civils, tout en mentionnant que si un témoin avait décelé la détresse de l’accusé, il n’y aurait peut-être pas eu de drame.

«Je ne comprends pas pourquoi on s’acharne sur ces gens, il y a un seul responsable», a répliqué Me Verret.

Me Verret a conclu sa présentation avec un mot écrit par sa collègue, Me Maria Albanese de la Couronne.

«Il a trouvé la force de donner 46 coups de couteau à Anne-Sophie et Olivier, mais n’a pas eu le courage de s’en donner un seul. Il a commis la pire infidélité et il leur a enlevé ce qu’ils avaient de plus précieux au monde: la vie.»

Le jury commencera ses délibérations à partir de lundi.

 

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