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Un Boys Club discret dans les CA au Québec

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Les conseils d’administration des grandes entreprises du Québec sont noyautés autour d’un très petit nombre d’administrateurs qui siègent à plusieurs conseils en même temps et détiennent énormément de pouvoir, selon une nouvelle étude.

Les chercheuses Audrey Laurin-Lamothe, une doctorante en sociologie à l’UQAM, et Ève-Lyne Couturier ont dressé une cartographie du pouvoir au sein des conseils d’administration des 30 plus grandes entreprises privées du Québec, dans une note de l’Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) diffusée mercredi.

Les résultats de leurs recherches lèvent le voile sur l’existence d’une élite financière discrète au Québec dont l’influence se fait sentir de manière indirecte.

«En produisant une représentation graphique des liens entre les individus centraux et les compagnies sélectionnées, on peut noter quelques entreprises parmi lesquelles se déploient bon nombre de liens entre individus centraux: Banque Nationale du Canada, BCE, Power Corporation et Metro», écrivent les deux chercheuses.

«Curieusement, TVA et Québecor ne font pas partie du réseau d’entreprises connectées par ces liens», notent-elles.

Robert Chevrier, André Bérard, L. Denis Désautels, Jerry E. Nickerson et André Desmarais sont les administrateurs qui ont le plus de pouvoir au Québec, selon l’IRIS.

Le pouvoir de ces administrateurs est établi en fonction du nombre de liens qu’ils ont avec d’autres membres de conseils d’administration, selon l’étude.

En fonction d’autres paramètres, le classement varie légèrement.

Préoccupant

Selon Audrey Laurin-Lamothe, il faut se pencher sur les conséquences de la présence d’un petit nombre de personnes au Québec au sein de plusieurs conseils différents.

La proximité des administrateurs au sein de plusieurs grandes entreprises différentes mène à une homogénéisation des pratiques et de la pensée, selon elle. «Ce sont des gens d’influence qui sont dans l’ombre, qu’on ne voit pas directement», dit-elle. «C’est tissé serré au Québec. On retrouve souvent les mêmes noms», explique-t-elle.

 

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