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Explosion du nombre de cas de coqueluche

Deux bébés sont décédés au Québec depuis le début de l’année après avoir contracté l’infection

Le pilote belge Werner Delges évalue à environ 60 % le taux de réussite des vols coqueluche.
Photo courtoisie Le pilote belge Werner Delges évalue à environ 60 % le taux de réussite des vols coqueluche.

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Le Québec est aux prises avec un nombre de cas alarmant de coqueluche depuis la fin de l’été. Deux jeunes enfants ont même été emportés par la maladie.

Depuis le début de l’année au Québec, 611 personnes ont attrapé la coqueluche, cette infection contagieuse des poumons et des voies respiratoires causant une toux très grave. C’est nettement plus que les 239 cas rapportés pour l’ensemble de 2014.

«La saison est très intense», commente le Dr Jean-Luc Grenier, médecin-conseil à la direction de la santé publique des Laurentides.

Son équipe est en état d’alerte depuis le début de l’été en raison de la forte augmentation des cas de coqueluche.

En 2015, 146 cas ont été enregistrés dans cette région, où plusieurs bébés, qui sont les plus vulnérables, ont été infectés.

«La courbe est très très haute chez les 0-5 mois», souligne-t-il.

Deux décès

Un bébé naissant est décédé dans les Laurentides avant de recevoir sa première dose du vaccin. La coqueluche a également fait une autre jeune victime dans une région environnante, en 2015.

«Ce sont toujours des cas de trop. C’est terrible», s’exclame le Dr Grenier.

Des actions sont menées pour limiter la propagation de cette maladie bactérienne. Par exemple, les membres d’une famille touchée par un cas de coqueluche, où se trouve un bébé de moins d’un an, sont invités à prendre des antibiotiques de manière préventive.

La Mauricie «championne»

La coqueluche fait des ravages en Mauricie et au Centre-du-Québec, qui est la «championne» avec ses 249 cas depuis janvier.

La maladie frappe surtout des jeunes de Trois-Rivières et des environs. Même si aucun d’entre eux n’est décédé, ils sont éprouvés par les symptômes graves de la maladie.

«Quand on commence à tousser, il n’y a pas grand-chose pour empêcher cette toux. Dans le temps, on appelait ça la toux des 100 jours, parce que ça dure très longtemps», explique la Dre Linda Milette, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Si les antibiotiques diminuent la contagiosité, seul le vaccin prévient cette toux infernale. Son efficacité atteint 85 %.

La porte-parole au ministère de la Santé, Noémie Vanheuverzwijn, rappelle que l’efficacité du vaccin est plus importante au cours de l’année suivant les trois premières doses données aux nourrissons (deux, quatre et six mois). Les doses de rappel (18 mois, quatre ans, adolescence, adulte) permettent de prolonger la protection.

Quelque 97 % des Québécois ont reçu au moins trois doses de vaccin avant l’âge de 15 mois.

Ils recommandent l'altitude pour soulager la toux

Drummondville | Une Belge d’origine suggère aux jeunes atteints de coqueluche d’atténuer leur terrible toux en effectuant des vols en avion, un remède alternatif utilisé en Europe.

Catherine Tahan croit aux vertus des vols coqueluche, qui ont soulagé sa mère, Françoise LeRoy, lorsqu’elle a été atteinte de la maladie pendant son enfance.

«C’est un phénomène courant chez nous», dit-elle.

Bénéfice secondaire

Le président sortant de l'Association médicale mondiale, le Dr Xavier Deau, a eu plusieurs patients qui ont essayé les «vols coqueluche».

«Chaque fois, il y avait un bénéfice secondaire. L’enfant toussait beaucoup moins après le vol», affirme-t-il avant de dire qu’aucune étude scientifique n’existe sur le sujet.

«Il y a des gens qui n’y croient pas. Moi je sais que ça marche», plaide Jean Claude Russo, qui a effectué une centaine de vols coqueluche depuis l’obtention de son brevet de pilote en 1972.

À ses débuts, le président de l’aéro-club dont il faisait partie était médecin. «Il suggérait lui-même souvent à ses patients de prendre part à des vols coqueluche parce que les médicaments ne fonctionnaient pas», se souvient-il.

Le pilote belge Werner Delges effectue lui aussi des vols coqueluche.

«Les résultats étaient très encourageants, la plupart ne toussaient plus dès le lendemain, mais avec d’autres, rien ne changeait», témoigne-t-il.

Celui-ci affirme ne pas avoir de formation spéciale pour ce genre de vol. «D’anciens pilotes nous expliquaient ce que nous devions faire pour que ce soit le plus efficace possible», explique M. Delges.

Il ajoute qu’en général, «les enfants (et parfois même les parents) s’endormaient assez rapidement durant le vol, ce qui pouvait s’expliquer par le léger manque d’oxygène ressenti à cette altitude.

Pas dangereux

Le Dr Deau estime que ces méthodes irrationnelles sont non dangereuses. «Dans une vraie coqueluche, il n’y avait aucun véritable moyen de faire arrêter la toux. Les parents sont contents de voir que leur enfant peut enfin dormir correctement la nuit», observe-t-il.

Les professionnels de la santé répètent que le vaccin reste le moyen le plus sûr pour lutter contre la coqueluche.

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