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«Pour gagner il faut des couilles»

L'ex-champion du monde, Derek Wedge, représente toujours une menace sur la piste

Champion du monde en titre, l'Ontarien Scott Croxall a inscrit le huitième meilleur temps des qualifications (43,80 sec) disputées sous une forte pluie vendredi.
DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QU Champion du monde en titre, l'Ontarien Scott Croxall a inscrit le huitième meilleur temps des qualifications (43,80 sec) disputées sous une forte pluie vendredi.

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Derek Wedge n’a rien perdu de sa verve et de son style en faisant l’impasse sur Québec à l’instar des autres ténors de la discipline l’an passé. «Pour gagner, il va te falloir des couilles!»

Comblé d’être de retour dans la «Mecque du Crashed Ice» où il a savouré le titre mondial du circuit en 2013, le vétéran patineur aux longs cheveux tressés ne s’attend pas à une partie de plaisir pour ce grand retour dans la Vieille Capitale. Qualité des athlètes oblige, la piste offre un niveau de difficulté jamais vue pour l’ouverture de la saison – qui se tient habituellement en janvier.

«Ce sont les plus téméraires qui vont passer. Si la glace devient meilleure, ce sera un peu moins la loterie, sinon, c’est clairement la loterie à certains moments. Il n’y a pas beaucoup de patinage, donc ça ne favorise pas les grosses jambes.»

«La piste est très intéressante, on ne va pas dire qu’elle est trop difficile, poursuit le Suisse de 33 ans, 19e en qualifications vendredi. Mais il y a des transitions qui ne sont pas évidentes. À la place d’avoir des transitions bien rondes pour les sauts, là, c’est plutôt parfois à angle droit.»

L’expérience versus la jeunesse

S’il n’est pas le plus vieux à s’élancer, Wedge n’est pas non plus le plus jeune. Et il en est bien conscient avant d’attaquer un parcours. La sagesse prend le dessus en dépit d’adversaires bien verts!

«On sent la différence de génération quand on voit sur le podium les (frères) Moriarity par exemple qui ont 10 ans moins que moi, avoue-t-il en souriant. L’expérience aide un peu, je suis moins fou. Ils ont la niaque, moi l’expérience. La seule différence, c’est qu’on ressent plus les chutes et on se relève moins vite. La motivation et l’adrénaline, c’est la même.»

Surf

Wedge a des attentes bien modestes pour cette sortie inaugurale de la saison. Deux mois passés au Costa Rica à s’amuser avec sa planche de surf ont modifié la préparation de cet entraîneur de ski résidant au canton du Valais, au sud de la Suisse.

«Normalement, j’arrive avec des jambes en béton, jure Wedge, qui vise à tout le moins une place en quarts. Tu fais beaucoup le haut du corps (en surf), mais rien du tout pour le bas du corps. J’ai couru dans le sable pour me faire des jambes et du roller, mais je n’ai pas les mêmes jambes que d’habitude.»

Des qualifications en plein déluge!

Qu’à cela ne tienne, le déluge qui s’est abattu sur Québec vendredi – et surtout à place D’Youville – n’est rien pour décourager les organisateurs. Dame Nature donnera d’ailleurs un répit aujourd’hui en déployant un soleil qui sera le bienvenu.

«Ce n’est pas quelque chose d’agréable pour l’expérience du spectateur et notre principale préoccupation, ce sera pour la sécurité du public, a expliqué le directeur principal de production chez Gestev, Martin Genois. Notre focus est là-dessus en ce moment.

«C’est sûr qu’avec la pluie, ça nous demande une attention continue en raison d’accumulations d’eau à certains endroits. Avec notre système de réfrigération, il n’y a pas de soucis à avoir comme on a une bonne épaisseur de glace. S’il fait froid, il sera moins sollicité et si c’est moins froid, ce le sera à 100 %.»

Gagnon toujours au poste

À 39 ans, Simon Gagnon a toujours la fièvre. Le patineur de Sept-Îles établi à Stoneham sera l’un des deux doyens à prendre le départ ce soir avec l’Anglais Alain Baxter, 41 ans. Gagnon en sera à une 20e course dans cette discipline.

«Jusqu’à tant que le corps me dise que je peux, je vais aller m’inscrire! Personne ne s’est encore levé pour me donner la chaise, badinait ce pilote d’hélicoptère en entrevue. Non, les gars ne me taquinent pas vraiment. Je pense que je suis encore quand même une crainte pour eux.»

Gagnon a pris le 28e rang des qualifications disputées sous la flotte, vendredi. Hubert Harvey sera l’autre participant de Québec en action.

Moriarity mène la charge

Le Montréalais Dean Moriarity a dominé les qualifications avec un temps de 43,07 sec, suivi tout près par l’Américain Cameron Naasz. Champion du monde l’an passé, l’Ontarien Scott Croxall a signé le huitième temps alors que le vainqueur à Québec en 2014, l’Autrichien Marco Dallago, a fini septième.

Chez les femmes, l’Ontarienne Jacqueline Legere et Myriam Trépanier, de Saint-Michel-de-Bellechasse, ont offert les meilleures descentes. Pour la première fois cette année, la gent féminine a droit à son championnat du monde.

Les patineurs s’affrontaient vendredi soir dans le cadre du défi par équipe.

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