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Le Québec, nouveau paradis de la vigne

La culture de certains cépages aurait été impensable il y a quelques années

Yvan Quirion est convaincu que les changements climatiques lui permettront de concurrencer les meilleurs vignobles au monde. Le vignoble Domaine St-Jacques, en Montérégie, compte près de sept hectares de cépages européens comme le chardonnay.
Photo Benoit Chevalier Yvan Quirion est convaincu que les changements climatiques lui permettront de concurrencer les meilleurs vignobles au monde. Le vignoble Domaine St-Jacques, en Montérégie, compte près de sept hectares de cépages européens comme le chardonnay.

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Au Domaine St-Jacques, en Montérégie, on cultive déjà les plus célèbres cépages européens comme le chardonnay, le merlot ou le pinot, ce qui aurait été plus difficile, voire impossibles, il y a quelques années à peine.

Avec trois semaines de plus sans gel qu’il y a 20 ans, le sud du Québec pourrait bientôt devenir un endroit privilégié pour cultiver la vigne.

Au vignoble Domaine St-Jacques, près de Saint-Jean-sur-Richelieu, les cépages européens tels que le chardonnay, le merlot, le pinot, de même que le riesling occupent déjà la moitié de la plantation de 15 hectares.

Les essais sont tellement prometteurs que le propriétaire, Yvan Quirion, compte produire cette année 75 000 bouteilles de ces cépages de qualité, également appelés Vitis vinifera. «On va défaire des gros préjugés sur le climat et la qualité de nos vins avec des vinifera et des cuvés de 10 000-15 000 bouteilles. Avec le pinot noir que j’ai planté cette année, je veux m’exposer aux comparaisons avec toute la planète. Il devra être bon!»

Des automnes plus chauds

Le climatologue Phillipe Roy croit que les changements climatiques permettent de plus en plus aux vignobles de planter des cépages européens en sol québécois. «Dans les 20 dernières années, la longueur de la saison sans gel a augmenté de deux à trois semaines, principalement en Montérégie. Ça donne plus de temps au raisin de venir à maturité.»

Les variétés hybrides de vignes telles que le vidal, le frontenac et le maréchal-foch sont populaires au Québec puisqu’elles n’ont besoin que de 150 à 160 jours sans gel pour atteindre leur maturité. Il en faut 170 en moyenne pour les vinifera.

«Même si on atteint parfois les 180 jours sans gel dans le grand Montréal, ça va devenir systématique d’ici 2035 à 2040 pour tout le sud du Québec. Ce sera donc plus rentable commercialement pour les vignobles de produire des cépages européens», indique le chercheur.

Les automnes plus chauds sont particulièrement bénéfiques pour les vignerons du Québec. «Ça a un impact majeur. C’est souvent ce qui sauve la mise pour la vigne. Cette année, au mois de septembre, ça a vraiment été magique», raconte Louis Denaud du vignoble Sainte-Pétronille, sur l’île d’Orléans.

Combattre les extrêmes

Les changements climatiques apportent aussi leurs lots de complications aux vignobles québécois qui doivent composer de plus en plus avec des scénarios extrêmes.

Yvan Quirion a perdu 35 tonnes de raisin lors du gel tardif du 27 mai 2013. Des gelées en septembre ou en juin surviennent plus fréquemment depuis quelques années. Les changements climatiques pourraient entraîner d’autres menaces à plus long terme.

«En 2012, on a eu trois semaines de sécheresse grave et c’est très mauvais pour la vigne, qui bloque sa maturité. J’ai peur qu’on soit obligé d’aller en irrigation aux goutte-à-goutte comme en Californie si ça ne s’arrête pas», avance M. Quirion.

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