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Le bonheur de Lapierre

L’ex-joueur du Canadien profite pleinement de son séjour en Suède

Maxim Lapierre ­apprécie son séjour avec Modo.
photo courtoisie Maxim Lapierre ­apprécie son séjour avec Modo.

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Il est près de 23 heures en Suède lorsque Maxim Lapierre rend un appel que je lui avais fait un peu plus tôt dans la journée.

Il vient de terminer un match face à Jurgardens et il a amassé une passe dans la victoire de 4 à 2 de sa nouvelle formation, Modo.

Sa voix n’a pas changé et, même s’il ne joue plus pour les Blues de St. Louis ou les Penguins de Pittsburgh, il n’a aucunement perdu son enthousiasme. Au contraire, on sent que ce passage en Suède lui permet de reprendre goût à son sport qui l’avait forcé à changer sa façon de jouer pour survivre dans la LNH.

«Je vais très bien, lance d’entrée de jeu le hockeyeur de 30 ans. Je me suis toujours demandé à quoi allait ressembler la vie après la LNH. Est-ce que ça allait être positif ou négatif? Je connais la réponse aujourd’hui. Ma femme est enceinte et on attend notre deuxième enfant dans les prochaines semaines. Je passe beaucoup de temps avec ma fille et on vit dans un petit village qui ressemble à Mont-Tremblant. C’est difficile de demander mieux.»

Pas dépaysé

Évidemment que la Suède n’est pas l’Amérique. Le soleil se couche vers 14:30 à cette période de l’année et malgré la barrière de la langue, Maxim Lapierre ne se sent pas du tout dépaysé parce que la façon dont les joueurs de Modo sont traités, il n’y a aucune différence avec ce qu’il a connu dans la LNH. «Ici, on est aussi très respecté en tant que joueur. On nous traite très bien, que ce soit en nous assurant qu’après chaque match on mange très bien ou encore en s’assurant que nos familles fassent partie de l’équipe.»

Il faut dire qu’à Modo, l’ancienne vedette de la LNH, Peter Forsberg, qui fait maintenant partie du temple de la renommée du hockey, s’assure que les standards de sa formation soient élevés.

Marquer des buts

S’il n’en tenait qu’à lui, c’est avec une équipe de la Ligue nationale que Maxim Lapierre jouerait cette saison. Il y a quelques équipes qui ont cogné à sa porte au cours de la saison morte, mais aucune n’était prête à lui donner un contrat à un volet.

Les meilleures offres venaient de la KHL, de la Suisse, mais la formation de Modo est celle qui s’est faite la plus insistante en lui accordant un contrat qui lui garantit autant d’argent que s’il jouait dans la LNH au sein d’un quatrième trio.

Maintenant, lorsqu’il saute sur la glace, c’est avec l’objectif de marquer des buts et non de son concentrer uniquement sur sa défensive.

«Ça faisait cinq ans que je mettais mon casque et mes patins à tous les matchs pour lancer la rondelle derrière les défenseurs et les frapper. J’étais un grinder. Je n’avais pas besoin de talent offensif pour faire ça. J’étais un robot qui utilisait moins ses aptitudes offensives. Aujourd’hui, je joue 20 minutes par match. Je remarque que j’avais oublié que j’avais du talent et que j’aimais ça, jouer au hockey. Je ne dis pas ça pour manquer de respect pour les joueurs de quatrième trio de la LNH parce que, pour se rendre là, il faut beaucoup de talent. Pour jouer dans les deux premiers trios, il faut un talent exceptionnel. Mais c’est plate quand même d’oublier ce qu’est marquer un but important pour ton équipe et que ton talent en toi soit effacé.»

Maxim Lapierre est donc un homme heureux et recommande à tout jeune joueur qui rêve de jouer dans la LNH de passer par la ligue de Suède afin de s’améliorer. Et pour ceux qui s’inquiètent de la présence de dépisteurs, dites-vous que chaque ligue est bien représentée.

NON À LA COUPE SPENGLER

Maxim Lapierre a marqué 7 buts et amassé 7 passes en 23 rencontres avec Modo et il a reçu une invitation d’Équipe Canada pour jouer au tournoi de la Coupe Spengler qui aura lieu à Davos, en Suisse, du 26 au 31 décembre. Ce n’est pas l’intérêt qui manque, mais c’est plus une question d’horaire. «Plusieurs ligues prennent une pause durant cette période. Ce n’est pas le cas pour celle de la Suède. Je me verrais très mal quitter mon équipe pour quelques matchs afin de disputer ce tournoi.» Techniquement, rien n’empêche Lapierre d’y participer, mais, pour demeurer dans la première division, les équipes suédoises doivent éviter de terminer dans les bas-fonds du classement. Présentement, Modo est avant-dernière et il faut absolument que cette formation avance au classement afin d’éviter une situation qui serait vraiment embarrassante.

UN CONTRAT ASSEZ UNIQUE

L’attaquant Justin Abdelkader a signé un contrat de sept ans avec les Red Wings, ce qui va lui rapporter près de 30 millions $. Mais, pour la première fois, la direction de l’équipe dicte les clauses de non-échange incluses dans le contrat. À compter de la quatrième année de l’entente, si les Red Wings ne font pas les séries ou si Justin Abdelkader ne fait pas partie des neuf attaquants de l’équipe avec le plus de temps de jeu, ils peuvent l’échanger à n’importe quelle formation sans son consentement.

Justin Abdelkader
USA Today Sports
Justin Abdelkader

C’est la première fois qu’un joueur accepte une entente avec des clauses de ce genre dans la LNH et cela risque de créer un précédent. On ne pourra jamais reprocher au DG Ken Holland de ne pas être original, même si bien des gens ont été surpris par la valeur élevée de ce contrat accordé à Justin Abdelkader.

MIKE CAMMALLERI RECONNAISSANT

À 33 ans, Mike Cammalleri a amassé un point par match depuis le début de la saison et il donne beaucoup de crédit aux entraîneurs qu’il a eus depuis qu’il a quitté les Canadiens, particulièrement Bob Hartley, des Flames. «Bob me faisait venir dans son bureau pour me montrer comment je devais mieux me positionner sur la patinoire. Au départ, je pensais qu’il faisait ça parce qu’il n’aimait pas la façon dont je jouais, mais j’ai rapidement compris que la seule chose qu’il souhaitait, c’est que je devienne un meilleur joueur. Je lui dois beaucoup.»

Mike Cammalleri
Photo courtoisie
Mike Cammalleri

Lorsqu’il était avec les Canadiens, le directeur général adjoint à l’époque, Julien BriseBois, lui avait parlé d’une statistique qui disait que les joueurs de la LNH amassaient 70 % de leurs points avant 29 ans. Cammalleri fait mentir les statistiques.