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Le touladi du lac Témiscouata souffre

Michel Grégoire observe déjà les effets des changements climatiques sur le majestueux lac Témiscouata.
Stéphanie Gendron Michel Grégoire observe déjà les effets des changements climatiques sur le majestueux lac Témiscouata.

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Témiscouata-sur-le-lac | Le touladi, ce poisson qui attire des milliers de pêcheurs dans un des plus grands lacs au sud du Saint-Laurent est affecté par l’eau qui devient de plus en plus chaude.

En l’espace d’un siècle, les printemps du Témiscouata se sont réchauffés de 4,5 ºC, selon une étude de l’Université du Québec à Rimouski.

Ce réchauffement aurait mené au déclin du touladi, une espèce qui attire beaucoup de pêcheurs dans le Bas-du-Fleuve.

Collision

Aux premiers rangs des espèces qui ressentent les effets des changements climatiques, on trouve le touladi et la truite grise si recherchée par les pêcheurs.

«Dans les lacs à touladi les moins profonds, les touladis et les changements climatiques se dirigent vers la collision», résume Michel Grégoire.

Ce dernier habite le Témiscouata depuis une dizaine d’années et s’intéresse particulièrement aux effets des changements climatiques. Il est technicien de la faune, détient un bac en géographie et est directeur d’un organisme de bassins versants.

Le touladi aime l’eau froide, claire et bien oxygénée. L’été, il demeure en profondeur. Toutefois, lorsque la température se réchauffe à la surface et que la quantité d’oxygène diminue au fond, son habitat se rétrécit.

«Les précipitations extrêmes associées aux changements climatiques entraînent d’importantes quantités de sédiments vers les lacs et favorisent la croissance de la végétation. Ainsi, plus il y a d’algues et de plantes aquatiques dans un lac, moins il y a d’oxygène pour le touladi. Eau de plus en plus chaude en surface et réduction de l’oxygène en profondeur entraînent un déclin des populations de touladi», dit M. Grégoire.

Au lac Témiscouata, le touladi se nourrit d’un petit poisson très abondant nommé pointu. On remarque que le pointu remonte la rivière pour se reproduire deux semaines plus tard qu’il y a deux décennies seulement. «C’est majeur!» estime M. Grégoire.

Glaces

La période où le lac Témiscouata est gelé a diminué d’au moins six jours depuis 1921.

«Pendant 1000 ans, le lac a connu plus ou moins la même dynamique. En quelques décennies seulement, un déséquilibre s’est installé. L’écosystème a vu sa routine chambardée, entre autres sur le plan de la reproduction des poissons», a dit M. Grégoire.

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