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Les animaux ont perdu le nord

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AMOS | Un peu comme dans le film L’ère de glace, les animaux ont entrepris une migration à la recherche de nourriture et d’un habitat adapté à leurs besoins. Cette lente progression vers le nord crée une concurrence néfaste pour de nombreuses espèces.

Selon le consortium de recherche sur les changements climatiques Ouranos, les aires de répartition des espèces pourraient se déplacer de 40 à 70 km vers le nord chaque 10 ans.

Le chercheur de l’Université du Québec à Rimouski Dominique Berteaux a étudié le cas du renard arctique, qui subit déjà la concurrence du renard roux venu du sud pour sa nourriture. Selon lui, le renard arctique a besoin du froid pour survivre. Il a non seulement de la difficulté à s’acclimater au nouveau climat, mais il doit en plus lutter contre les concurrents venus du sud.

«Il y a plusieurs espèces nordiques dans la même situation. Ils n’ont plus d’endroit où aller», a-t-il dit.

Selon le directeur d’Ouranos, Alain Bourque, les agriculteurs voient déjà apparaître plusieurs espèces de moustiques qui ne vivaient qu’aux États-Unis avant.

D’après M. Berteaux, la région de Montréal pourrait être trop chaude pour l’érable à sucre d’ici la fin du siècle.

Changements importants

Ces changements majeurs chez les animaux ont aussi été constatés par Michel Pageau, qui fréquente les animaux de la forêt boréale depuis 60 ans, d’abord comme trappeur et ensuite comme fondateur du refuge Pageau qui soigne et remet les animaux sauvages en liberté à Amos, en Abitibi.

«Je constate de grands changements dans la forêt. Et ça va vite. Il y a plusieurs espèces qu’on ne voit même plus.»

Plusieurs experts appellent à agir rapidement afin de freiner les changements climatiques, mais selon Michel Pageau, il est déjà trop tard. «On s’en va vers la fin. La terre est un poumon et il est pas mal amoché. Je me demande comment ça va évoluer dans les prochaines années.»

Pas si vite

Le directeur de l’Observatoire des oiseaux de Tadoussac, Pascal Côté, qui étudie la migration des oiseaux, ne croit pas que les changements seront aussi rapides.

«Plusieurs espèces ont d’abord besoin d’un couvert forestier particulier pour se nourrir. Les forêts de conifères ne disparaîtront pas demain matin pour faire place à des érablières. Je doute que ce soit aussi rapide, même si on constate que le climat se réchauffe», affirme-t-il.

 

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