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Les technologies vertes québécoises au secours de la planète

GEN-DENIS LECLERC
PHOTO SÉBASTIEN ST-JEAN, AGENCE QMI

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À partir d’aujourd’hui et pour les deux prochaines semaines, politiciens, industriels et écologistes se réuniront à Paris pour déterminer de nouvelles règles internationales pour limiter la hausse de la température de la planète à deux degrés Celsius. Les technologies vertes seront au cœur des solutions proposées.

Le président d’Écotech, Denis Leclerc, partage ses réflexions sur le chemin à suivre pour atteindre ces objectifs. Il nous présente également la stratégie qu’il souhaiterait que Québec adopte pour devenir un joueur majeur dans cette lutte mondiale contre les changements climatiques.

Comment entrevoyez-vous la conférence sur le climat?

«Ce qui m’interpelle, c’est qu’on parle presque autant de la cible qu’on va se donner que du comment on va l’atteindre. C’est un changement d’attitude au niveau de ces débats-là. Ça va nous permettre, au Québec, de mettre de l’avant nos innovateurs en technologies vertes devant des utilisateurs potentiels un peu partout dans le monde.»

Le Québec est-il bien outillé pour prendre sa place dans le marché des technologies vertes?

«Si on fait l’éventail des centres de recherches, laboratoires, chaires universitaires, on s’aperçoit qu’il y en a au-delà de 200 au Québec. On a donc un important bassin de connaissances en environnement et en énergie. Le grand défi, c’est de sortir les brevets des boîtes de carton et de les mettre entre les mains des entrepreneurs.»

Qu’est-ce qui nous manque pour le faire?

«Ce n’est pas d’argent qui manque. Il faudrait mieux diriger nos ressources, on devrait être innovant dans notre façon de développer l’innovation. À Écotech, on travaille à créer un forum, début 2016, qui permettra aux entrepreneurs de découvrir qui détient des brevets. On veut créer un maillage entre les chercheurs et les entrepreneurs pour faire du développement d’entreprise.»

Est-ce que l’État doit en faire plus?

«Pour favoriser la commercialisation de nos technologies vertes, ça prend divers bancs d’essai. Les organismes publics et parapublics du Québec, comme le Centre des congrès, des hôpitaux, la SAQ, la SHQ, pourraient devenir des vitrines. Ça amènerait des retombées dont ils profiteraient en tout premier lieu. Ça permettrait à l’entrepreneur de trouver ici un lieu pour montrer la valeur environnementale et économique de l’innovation qu’il veut commercialiser. Il me semble que ce ne serait pas trop compliqué. Et ça démontrerait l’exemplarité de l’État.

«Puis, on recommande que les entreprises qui ont investi grâce à des crédits d’impôt en R et D puissent prolonger cette aide financière pour inclure leurs dépenses de commercialisation. Au bout du compte, ça va amener de la création d’entreprises, d’emplois verts de qualité, des bénéfices en environnement, en santé et dans le marché. Ce sera bon pour tout le monde.»

Est-ce que les politiciens ont compris l’importance de soutenir une économie verte?

«Ce sera toujours à faire. Mais, ça évolue beaucoup, ils s’aperçoivent des opportunités pour les entreprises. On devrait vraiment développer une image de marque pour positionner l’ensemble de nos produits manufacturés qui utilisent l’électricité et qui se préoccupent de leur empreinte carbone. Les politiciens savent que si on veut vraiment prendre la question des changements climatiques à bras le corps, il va falloir repenser l’économie.»

Que suggérez-vous?

«Il faut planifier la transition écologique et énergétique. C’est bien beau d’électrifier les transports, mais ça va prendre quelques années avant d’arriver à déplacer les marchandises de manière à éliminer leurs GES [gaz à effet de serre]. En attendant, si on utilisait le gaz naturel liquéfié, on diminuerait de 30 % les GES. C’est une solution de transition qui existe déjà, pourquoi on ne donnerait pas un coup de barre là-dessus?»

 

Brèves

Qui est-il ?

Denis Leclerc

Denis Leclerc a œuvré pendant 20 ans dans le domaine des ressources naturelles, dix ans chez Noranda et dix autres années chez AbitibiBowater, où il a occupé le poste de vice-président au développement durable et à l’environnement. Il est le président et chef de la direction d’Écotech Québec depuis sa fondation en 2009. Il est également le président du conseil de l’International Cleantech Network, basé à Copenhague. 
 
Écotech Québec rassemble et mobilise l’industrie des technologies propres autour d’objectifs communs et d’actions concertées. 

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