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EBI Énergie carbure à vos vidanges

Ils sont transformés en carburant et en électricité

Luc Turcotte, ingénieur mécanique et directeur de l’ingénierie chez EBI Énergie, a développé un procédé de captage du méthane qui se forme avec la décomposition des vidanges
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean Luc Turcotte, ingénieur mécanique et directeur de l’ingénierie chez EBI Énergie, a développé un procédé de captage du méthane qui se forme avec la décomposition des vidanges

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Qui aurait cru que les sacs verts, rejets honnis de tous, auraient une fonction écologique utile pour limiter les changements climatiques?

C’est le cas des 600 000 tonnes de déchets générés annuellement par la population de l’est de Montréal et des municipalités comprises de Repentigny à Joliette. Ces résidus se retrouvent au site d’enfouissement Dépôt Rive-Nord de Saint-Thomas, dans la région de Lanaudière, où ils sont transformés en carburant et en électricité.

Une division sœur, EBI Énergie, est passée maître dans le domaine, depuis le début des années 2000. Luc Turcotte, un ingénieur mécanique et directeur de l’ingénierie, y a développé un procédé de captage du méthane qui se forme avec la décomposition des vidanges. Cela représente 7000 mètres cubes de biogaz captés à l’heure, 24h/24, sept jours sur sept.

Le potentiel de réchauffement du climat par le méthane est considéré comme étant 23 fois plus puissant qu’avec le dioxyde de carbone (CO2). «On a investi 50 millions $ en recherche et infrastructures. Mais ça valait le coup. Notre modèle d’affaires est rentable», explique-t-il.

Gaz naturel

Depuis 2003, ce méthane sert à produire du gaz naturel. Des ententes d’affaires permettent à EBI Énergie de l’acheminer à des clients industriels, tels que Kruger, Pratt & Whitney et Kronos, par l’intermédiaire du gazoduc utilisé par Gaz Métro. EBI Énergie produit également du gaz naturel compressé pour faire rouler les 250 camions de la flotte de camions qui collectent les vidanges.

«Ça représente 400 000 tonnes d’équivalents de CO2 épargnées, comparables au retrait de 100 000 voitures des routes québécoises, en une année», a calculé Luc Turcotte.

Une centrale de cogénération d’une capacité de 10 mégawatts(MW), mise en service en 2012, lui permet de produire de l’électricité, en continu, sept jours sur sept. La chaleur récupérée est utilisée pour chauffer le bâtiment qui accueille des employés et pour nettoyer le lixiviat, le liquide résiduel généré par la décomposition des déchets.

«C’est un cycle énergétique fermé, mais il demeure encore de l’énergie thermique résiduelle qu’on voudrait valoriser. Nous songeons à développer un parc industriel à proximité, pour accueillir des entreprises énergivores», a ajouté le directeur de l’ingénierie.

Nouveaux projets

Une course contre la montre est également en cours au département de R et D afin de valoriser les matières putrescibles du site de compostage d’EBI.

«On vise à stimuler la production de biogaz en 30 jours, par l’apport de chaleur et de nutriments. Il en restera un résidu qui sera composté et vendu comme intrant sur des terres agricoles. C’est une technologie d’envergure qui demande des investissements importants, mais qui aura des retombées très positives, autant pour l’entreprise que l’environnement», a avancé Luc Turcotte. Le procédé, un véritable secret industriel, devrait connaître un aboutissement en 2020.

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