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Turcotte est sans le sou

Payés par l’aide juridique, les avocats de l’ex-cardiologue ont dû faire face à un manque de fonds

Guy Turcotte
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier Le sort de l’ex-cardiologue Guy Turcotte est maintenant entre les mains du jury, qui a commencé ses délibérations lundi, au palais de justice de Saint-Jérôme.

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Guy Turcotte n’a plus un rond. L’ex-cardiologue vit du bien-être social après avoir déclaré faillite en 2012 et c’est l’aide juridique qui a assumé ses frais d’avocats.

Maintenant que le jury est séquestré, après 36 jours d’audiences, afin de décider du sort de l’accusé, tout ce qui a été dit en leur absence peut maintenant être dévoilé.

«Vous ne devez pas vous laisser influencer par l’opinion publique», a d’ailleurs précisé le juge André Vincent lors de ses directives, juste avant de les envoyer en délibérations.

On peut désormais dévoiler que lorsqu’il avait déclaré faillite, Turcotte avait des actifs de 1000 $ et des passifs totalisant 54 626 $, selon des documents consultés par Le Journal.

Incapable de payer ses avocats, l’ex-cardiologue accusé des meurtres de ses enfants Anne-Sophie et Olivier survenus en février 2009 à Piedmont, dans les Laurentides, peu après qu’il eut appris que son ex-femme le trompait, s’était donc tourné vers la Commission des services juridiques, mais le budget semblait maigre.

«Nous n’avons même pas les sous pour embaucher un expert (afin d’analyser un disque dur)», avait lancé Me Pierre Poupart, de la défense, lors d’une audience hors jury.

Assistants bénévoles

Le dossier était assez complexe pour que les frères Pierre et Guy Poupart aient besoin d’assistants, mais le budget n’était pas au rendez-vous.

«Nous avons quatre personnes qui font du bénévolat pour faire les transcriptions (des témoignages), avait lancé Me Pierre Poupart lors d’une audience hors jury, alors qu’il était critiqué pour avoir traîné à envoyer des rapports à la Couronne. On fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a. Nous n’avons pas les moyens de l’État.»

Quelques jours plus tard, encore en hors jury, c’est le juge qui avait critiqué la défense pour son retard.

«Vous êtes plus qu’en retard, avait lancé le magistrat à la défense. Si la Couronne avait agi de la même façon, vous seriez les premiers à sauter au plafond.»

Près de son argent

Ce n’est pas la première fois que la question d’argent est relevée dans cette affaire.

Dans les semaines suivant la mort de ses enfants, Guy Turcotte avait en effet payé son compte de carte de crédit, avait rappelé Me René Verret, de la poursuite, lors de ses plaidoiries.

Et le témoignage d’une employée de l’Hôpital de Saint-Jérôme montre que l’accusé comptait ses sous peu après le drame. Turcotte lui avait en effet laissé un message téléphonique, affirmant avoir perdu un chèque de 350 $ signé par un collègue.

«S’il peut m’en faire un nouveau, ce serait très apprécié, avait-il dit. Je vais avoir ben des avocats à payer.»

Des citations-clés entendues au cours du procès

«Je me rappelle que je me vois mort, je ne veux pas que mes enfants soient pognés avec moi mort.»

«Mes souvenirs, c’est sous forme de flashs, je ne me souviens pas du avant et du après.»

«Je me rends compte que j’ai fait mal à mes enfants, je panique.»

– Guy Turcotte, lors de son témoignage

«(Turcotte) participait aux soupers, il donnait des bains, jamais je n’aurais imaginé qu’il aurait commis une négligence.»

«Il m’a dit (lors d’une dispute, avant le drame) d’un ton très agressif: “Tu veux la guerre, tu vas l’avoir.” Je me suis sentie vraiment menacée.»

– Isabelle Gaston, ex-femme de Guy Turcotte

«(Turcotte) m’a dit qu’il voulait la faire chier (Isabelle Gaston) en lui enlevant ce qu’elle avait de plus précieux au monde et ce sont les enfants.»

– Chantal Duhamel, infirmière

«Le trouble de l’adaptation n’empêche pas de réfléchir, d’être responsable de ses actes, c’est comme le rhume de la psychiatrie.»

– Dr Pierre Bleau, psychiatre expert de la Couronne.

«(Turcotte) m’a dit qu’il a tué son fils, qui criait “non papa, non papa”, puis il a été tuer sa fille, il a entendu son fils mourir dans son sang, il m’a expliqué que ça prenait 10 minutes pour mourir dans son sang, il avait un ton technique, objectif, froid, rationnel.»

– Luc Tanguay, coach de vie

 

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