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Le climat: tout le monde s’en fout!

Le climat? Bof! Tant que les catastrophes naturelles se passent ailleurs, on se sent à l’abri chez nous.

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C’est aujourd’hui que s’ouvre à Paris la 21e conférence sur les changements climatiques: 195 États et les pays de l’Union européenne ont 12 jours pour éviter le pire pour notre planète. Pour peu que vous croyiez aux prévisions pessimistes des scientifiques qui prédisent une hausse inquiétante du climat à l’échelle du globe.

Car s’il faut se fier à un récent sondage sur l’opinion publique et les changements climatiques, tout ça vous passe six pieds par-dessus la tête. Le climat? Bof! Tant que les catastrophes naturelles se passent ailleurs, on se sent à l’abri chez nous. On croit que ces bouleversements climatiques ne posent que «peu ou pas de risques» pour nous; 85 % des gens interrogés ne se sentent pas «personnellement en grand danger».

Oui, on est conscients que le temps change, mais qui va s’en plaindre? Amenez-en des automnes doux comme celui qu’on vient d’avoir! On a beau dire que c’est la faute à El Niño si nos derniers hivers ont été si froids et que pendant ce temps, ailleurs sur la planète, tous les signaux concordent avec un dangereux réchauffement climatique, les Québécois ne croient pas qu’il y a péril en la demeure. «J’en prendrai bien 1 ou 2 degrés de plus en hiver!»

Sommes-nous inconscients?

Je ressors d’autres sondages faits ces dernières années sur nos comportements face à l’environnement. Il n’y a pas si longtemps, en 2012, on titrait que «98 % des Canadiens croient que des changements climatiques sont en train de se produire».

Que s’est-il passé? Qu’a-t-on fait de notre début de conscience environnementale? Les nombreux détracteurs, incluant des scientifiques crédibles, qui nient la thèse du réchauffement planétaire, nous ont-ils lavé le cerveau? Le déni climatique porté haut et fort par Stephen Harper a-t-il refroidi nos ardeurs?

Pourquoi ce sont toujours les mêmes qui marchent dans la rue pour dénoncer l’inaction des gouvernements? Pourquoi personne, à part quelques énergumènes «grano», n’a voté pour le Parti vert aux dernières élections, ne serait-ce que pour envoyer le message que l’environnement doit être une vraie priorité?

Les écolos sont fatigués

Mon hypothèse, c’est que nous sommes devenus «éco-fatigués». Nous sommes préoccupés par le sort de la planète à condition de ne pas être les seuls à nous priver. Chaque année, on nous taxe de tous bords tous côtés à cause de l’environnement. On ravale des hausses sur l’essence, on paie nos sacs en plastique à l’épicerie. On recycle, on composte. On se sent coupable dès qu’on prend sa voiture, qu’on met une bûche dans le foyer ou qu’on «flushe» notre soie dentaire. On nous a élevés à être plus verts les uns que les autres et cette surenchère écologique a fini par nous donner la nausée.

Surtout que pendant ce temps-là, sur la même planète, des usines continuent de polluer comme bon leur semble. Elles s’achètent des points à notre Bourse du carbone et passent ainsi pour de bonnes citoyennes corporatives.

Voilà pourquoi le monde se fout du climat. Les citoyens savent que les décisions qui seront prises cette semaine ne changeront rien à leur routine. Person­ne ne veut vraiment faire sa part ni payer pour que le virage vert se fasse. Il faudrait un énorme travail de sensibilisation pour dépasser le stade des bonnes intentions. Et vous, achèterez-vous moins de jouets faits en Chine à Noël?

 

 

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