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Éducation sexuelle: les élèves ne seront pas évalués

Le ministère juge les sujets trop «complexes à évaluer»

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Qu’ils soient attentifs ou non, les élèves qui participeront au controversé projet pilote d’éducation sexuelle ne seront même pas évalués, a appris notre Bureau parlementaire.

Lancé l’automne dernier dans près d’une vingtaine d’écoles publiques et privées, le projet pilote doit se poursuivre jusqu’en 2016-2017.

Le programme d’éducation sexuelle, qui rejoint actuellement près de 3000 étudiants des niveaux préscolaire, primaire et secondaire, deviendra ensuite obligatoire pour tous.

Seront-ils capables, en 2e année du primaire, de situer les principaux organes sexuels des filles et des garçons, puis au secondaire, de comprendre les différentes méthodes de contraception?

S’il s’agit de l’une et l’autre des nombreuses cibles du programme, tout porte à croire que les enseignants devront se fier à leurs seules impressions, puisqu’il n’y aura pas d’examen pour le vérifier.

«Les apprentissages au programme d’éducation à la sexualité ne seront pas évalués», confirme le ministère de l’Éducation dans une réponse à une demande d’accès à l’information dont Le Journal a obtenu copie.

Aucun sens

Pour la députée péquiste Carole Poirier, qui suit le dossier depuis le début, ça n’a aucun sens.

«Comment peut-on faire un projet pilote sans évaluation?» s’inquiète l’élue de Hochelaga-Maisonneuve.

Sans avoir d’impact sur le bulletin des élèves, un examen permettrait de s’assurer que les concepts et les apprentissages sont bien maîtrisés, croit Mme Poirier.

«Il faut savoir si les jeunes ont appris quelque chose là-dedans... Si ça sert à quelque chose. Est-ce qu’on leur apprend quelque chose qu’ils savent déjà? Est-ce que ça va trop loin? Moi, je pense que c’est nécessaire, comme dans tout enseignement.»

5 à 15 heures par année

Au cabinet du ministre de l’Éducation, François Blais, on rappelle que le programme d’éducation sexuelle ne représente que 5 à 15 heures par année.

«Ce sont des sujets qui sont parfois un peu complexes à évaluer», a expliqué Julie White, attachée de presse du ministre.

«Le but, c’est surtout d’informer et de sensibiliser les jeunes. C’est dans cette optique qu’ils ne seront pas évalués formellement», a-t-elle confirmé.

«On pense que les personnes qui donnent les cours seront quand même en mesure d’observer ce que les élèves ont appris», a ajouté l’attachée de presse du ministre Blais, qui assure qu’un suivi du déploiement du projet pilote est effectué auprès des écoles concernées.