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L’horrible guerre linguistique du Québec

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Je reviens sur l’article délirant de The Gazette qui se désolait qu’après avoir échappé à la guerre dans leur pays, les réfugiés syriens allaient maintenant être victimes de l’horrible guerre linguistique qui déchire le Québec...

Comme si la loi 101 pouvait être comparée aux exactions barbares commises par l’État islamique et le régime de Bachar el-Assad!

À quand un statut de réfugiés pour les anglos qui décident de quitter le Québec?

En travers de la gorge 

S’il y a une chose que démontrent cette chronique et les autres articles du même genre publiés par The Gazette, c’est que 38 ans après l’adoption de la loi 101, les anglophones ne l’ont toujours pas digérée.

Ils l’ont encore en travers de la gorge.

Oui, l’application de la loi 101 a fait l’objet de certains dérapages causés par des fonctionnaires zélés et obtus.

À quand un statut de réfugiés pour les anglos qui décident de quitter le Québec ?

On pense au célèbre «pastagate», où le propriétaire d’un restaurant italien s’est fait taper sur les doigts pour avoir utilisé des mots italiens afin de désigner certains plats.

Mais ce qu’oublie de dire The Gazette, c’est que ces dérapages ont tous été dénoncés et tournés en ridicule par les commentateurs francophones!

Combien de sketches humoristiques ont été faits là-dessus à la télé? Combien de caricaturistes se sont moqués de cette situation grotesque? Combien de chroniqueurs ont tourné ces «Dupond et Dupont de la langue» en dérision?

Et puis, on ne parle pas ici d’un simple menu de restaurant, mais de l’intégration de plusieurs milliers d’immigrants.

Quoi qu’en pensent les emplo­yés de The Gazette, le Québec n’est pas une province bilingue, mais une province francophone. Et la meilleure façon de bien s’intégrer lorsqu’on arrive ici, c’est de maîtriser le français.

Ne voyez-vous pas que le plus beau cadeau que l’on puisse faire à un nouvel arrivant est de lui permettre d’apprendre GRATUITEMENT la langue d’usage?

Et en Syrie? 

Vous me direz que la maîtrise de la langue n’est pas un gage d’intégration. Comme l’actualité nous l’a démontré, on peut être francophone ET mépriser les valeurs fondamentales du Québec...

C’est vrai.

Mais c’est quand même un grand pas de fait (parlez-en aux Vietnamiens, aux Chiliens, aux Italiens...).

Et puis, pourquoi est-il normal de parler allemand en Allemagne et polonais en Pologne, mais pas français au Québec? Pourquoi nous traitez-vous d’intolérants lorsque nous défendons notre langue?

En Syrie, l’instruction primaire est gratuite et obligatoire, mais l’arabe classique reste la seule langue d’enseignement permise dans le système public. Et seule la langue arabe classique est permise dans les médias écrits.

Quant aux Kurdes, qui constituent la plus forte minorité en Syrie, n’en parlons pas. C’est comme si leur langue et leur culture n’existaient pas.

Ils n’ont pas de médias, d’hôpitaux ou d’écoles comme les pauvres anglos de Montréal.

C’est drôle, mais les journalistes de The Gazette ne parlent jamais de ça...

Un rempart 

En passant, amis anglos: ne voyez-vous pas que la loi 101 est votre meilleur rempart contre le mouvement indépendantiste?

Si on n’avait pas pu adopter cette loi en 1977, ça ferait longtemps qu’on se serait séparé du Canada pour protéger notre langue...

Au lieu de combattre la loi 101, vous devriez la défendre!

 

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