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Place au financement à l’activité

Le ministre Barrette veut évaluer plus précisément les coûts

Le ministre Gaétan Barrette.
Photo Le Journal de Québec, Didier Debusschère Le ministre Gaétan Barrette.

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Après avoir mis en place sa réforme de la santé, le ministre Gaétan Barrette s'attelle maintenant au financement à l'activité qui permettra d'évaluer précisément le coût d'un service médical peu importe sa complexité.

«Lorsqu'on affirmera que telle approche ou tel médicament va réduire les coûts pour tel épisode de soins, je dirai: démontrez-le moi, car je vais le vérifier. Le financement à l'activité commande une uniformisation des façons de comptabiliser et de colliger les données cliniques», a déclaré, mardi, le ministre, au 9e Forum de l'industrie de la santé de Québec.

Il y a actuellement des variations de coûts jusqu'à 112% entre les hôpitaux québécois en ce qui a trait aux réadmissions pour des complications, a fait état, étude à l'appui, la conférencière Joanne Castonguay, vice-présidente adjointe du groupe de recherche CIRANO en analyse des organisations.

De 1998 à 2012, les dépenses en santé ont augmenté presque six fois plus que les actes médicaux dispensés, ce qui illustre les problèmes de productivité de notre système de santé, a souligné Mme Castonguay.

Coûts à prévoir

Selon le ministre Barrette, le financement à l'activité générera des coûts à court terme, mais des économies à plus long terme. Les trois prochaines années seront déterminantes pour le réseau de la santé.

«Contrairement aux prédictions apocalyptiques, le réseau ne s'est pas écroulé au premier avril (avec l'entrée en vigueur de la loi 10). Nonobstant les critiques, ces réformes sont essentielles. On a excédé nos objectifs annoncés. Sur le terrain, je vois déjà des changements dirigés vers la qualité et la pertinence des soins. On a semé, on va récolter», a-t-il formulé.

Rémunération des médecins

Le Dr Barrette ne croit par ailleurs pas qu'un changement de rémunération des médecins soit souhaitable. «Le jour où on transforme le système de rémunération à l'acte en salariat, on embarque dans un univers de descriptions de tâches, d'horaires, de batailles de pension, que vous ne voulez pas voir et que je ne veux pas voir», a-t-il tranché.

Là-dessus, Jean-Louis Denis, professeur titulaire à l'Ecole nationale d'administration publique, a fait remarquer qu'«Aux Pays-Bas, les médecins spécialistes sont salariés et ils semblent produire quand même...»