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Trop de $ aux médecins?

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Il n’y a rien de scandaleux dans les 416,7 M$ versés en surplus des prévisions pour 2010-15 aux médecins du Québec. Les médecins sont payés à l’acte. Plus de services, seulement, ont été rendus à la population.

Les demandes pour récupérer ces dollars sont ridicules.

Des erreurs ont pu être commises dans la planification du ministère de la Santé. Mais le réseau de la santé ne réussit jamais à répondre à la demande de soins dans des délais raisonnables. Les listes d’attente sont inépuisables et les temps d’attente pour certains soins sont désespérément longs.

Dans son rapport, la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, a certes mis le doigt sur un dépassement à un poste budgétaire, mais il ne s’agit à mes yeux que d’un rapport bêtement comptable.

Ce demi-milliard n’a pas été fraudé; il n’a pas été dilapidé non plus. Il a été partagé entre 21 000 professionnels en échange de services concrets qui avaient été préalablement rendus. Pour ces millions, des maux ont été soulagés, des interventions chirurgicales et divers traitements ont été effec­tués.

Il faudrait peut-être se brancher. Nous dénonçons depuis des décennies les failles de notre système de santé qui ne répond pas à la demande en croissance constante et, de l’autre côté de la bouche, nous dénoncerions un surplus de services dû à une sous-évaluation de la hausse à venir du nombre de consultations?

Contrôler l’offre

Faute du courage politique pour contrôler la demande, les gouvernements contrôlent l’offre de services par leur planification budgétaire.

Par contre, le problème de fond découle du mode de rémunération des médecins, qui sont payés à l’acte.

Des hausses de revenus importantes, près de 25 % étalés sur huit ans, leur ont été consenties dans le cadre d’un rattrapage justifié vers la moyenne cana­dienne.

Les gouvernements se sont attaqués trop timidement, par contre, au mode de rémunération lui-même. Les médecins continuent d’être des entrepreneurs indépendants à l’intérieur d’un réseau public presque totalement financé par l’État.

Reconnaissons que les contraintes gouvernementales ajoutées ces dernières années pour améliorer l’accès aux services de première ligne ont porté leurs fruits: 1,5 million de citoyens de plus sont inscrits sur les listes de patients des médecins de famille. Le pourcentage de la rémunération des omnipraticiens liés à la prise en charge de patients par rapport aux actes posés pourrait être encore relevé.

Pour les spécialistes, responsables de 384 M$ des dépassements totaux de rémunération de 416,7 M$, un tel modèle est cependant inapplicable.

Quelle austérité ?

La nouvelle de ce matin sur les hausses salariales moyennes de 12 % touchées par les omnipraticiens en 2012 et de 9 % en 2013 par les spécialistes relancera à coup sûr le débat sur la rémunération de ces derniers. Les deux fédérations de médecins s’étaient entendues avec le gouvernement sur un rattrapage vers des revenus proches de ceux des autres provinces, mais à 371 972 $ en moyenne, les spécialistes ne font pas pitié.

De plus, ces informations sont divulguées pendant de difficiles négociations avec l’ensemble du secteur public sur un gel de deux ans. L’austérité sera comprise par les syndiqués comme étant à vitesse bien variable.

 

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