/news/health
Navigation

Il souhaite la mort de son fils

Un père aimerait que son fils puisse s’éteindre dignement plutôt qu’à petit feu

Luc Charbonneau au chevet de son fils Olivier avant qu’il ait été extubé, le 29 novembre dernier.
Photo courtoisie, Luc Charbonneau Luc Charbonneau au chevet de son fils Olivier avant qu’il ait été extubé, le 29 novembre dernier.

Coup d'oeil sur cet article

Luc Charbonneau a perdu son fils le 10 octobre dernier. Olivier Cabanon Charbonneau n’est pas décédé lorsqu’il a tenté de se suicider en sautant d’un immeuble de 23 mètres (75 pi), mais il est dans un état végétatif depuis.

En colère contre un système qu’il trouve inhumain, le père d’un jeune homme dans un état végétatif après un suicide raté lance un cri du cœur pour que son fils puisse mourir dignement.

«On peut achever un animal, mais pas mon garçon», s’indigne Luc Charbonneau, père d’Olivier Charbonneau, 19 ans, aussi connu sous le nom de DJ Cabanon.

«Il souffre, on souffre. Pourquoi?», s’interroge celui qui a publié une vidéo sur son compte Facebook qui est devenue virale.

Le 10 octobre dernier, Olivier Charbonneau a sauté d’une structure de béton de 75 pieds de haut dans le but de mettre fin à ses jours, raconte son père, qui a reçu une lettre de suicide de sa part.

Ironiquement, cette structure de béton se trouve juste à côté de l’Hôpital Général de Montréal, où le jeune homme se trouve maintenant dans un état végétatif. Extubé il y a moins d’une semaine, sa famille et ses amis le regardent mourir à petit feu, sans savoir quand ni comment son corps finira par lâcher.

#aideamourir bonjourJe me nomme Luc Charbonneau père de Olivier Cabanon Charbonneau Olivier a fait une tentative de suicide le 10 octobre 2015. Il a sauté de 75' d'un immeuble. Il croyait pas ce manquer. Malheureusement il est encore vivant. Si on peut dire que un état végétatif est vivant!Depuis le 29 nov. qu'il est désintubé. Il a juste des médicaments pour retirer un peut de douleur. Pour moi c'est incompréhensible que on ne puisse être obligé attendre sa mort sans ne rien pouvoir faire. Svp changer les lois !!

Posté par Luc Charbonneau sur vendredi 4 décembre 2015

Intentions claires

Si la loi avait déjà été en vigueur, son fils n’aurait pas été admissible à l’aide médicale à mourir. Malgré tout, M. Charbonneau dénonce la rigidité du système, qu’il qualifie d’«inhumain».

En effet, la loi prévoit que seule une personne apte à consentir peut demander l’aide médicale à mourir, tandis qu’Olivier est inconscient. M. Charbonneau déplore néanmoins qu’on ne puisse lui faire une injection pour abréger ses souffrances.

«Ça prendrait sa signature. Il a sauté de 75 pieds de haut. C’est déjà très clair comme signature», illustre-t-il.

En attendant que la nature fasse lentement ce qu’une injection pourrait faire rapidement, la famille et les amis d’Olivier se relaient à son chevet pour s’assurer qu’il ne meure pas seul.

Tous ensemble

«On devrait pouvoir faire ça tout le monde en même temps, tous ensemble autour de lui», croit M. Charbonneau.

Le système lui semble d’autant plus opaque qu’il s’était buté au mur de la confidentialité lorsqu’il avait tenté de savoir si son fils allait à ses rencontres de psychothérapie au CLSC.

Une fois que ses derniers adieux à son fils auront été faits, Luc Charbonneau a l’intention de continuer à se battre pour ceux qui se retrouvent dans une situation semblable à la sienne.

Qui est Olivier Charbonneau, alias DJ Cabanon ?

Luc Charbonneau au chevet de son fils Olivier avant qu’il ait été extubé, le 29 novembre dernier.
Photo Facebook
  • 19 ans
  • A été impliqué dans un groupe de rap
  • En était à sa 4e tentative de suicide
  • Dans sa lettre de suicide, il dit penser au suicide depuis la 5e année du primaire, rapporte son père
  • N’avait pas de diagnostique de trouble mental, mais souffrait certainement de dépression et d’anxiété, selon son père
  • Terminait son secondaire à Saint-Bruno
  • A de nombreux amis, qui se relaient maintenant à son chevet

«Il était talentueux. C’était un personnage. Il était très ironique», raconte Luc Charbonneau.

 

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.