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L’ère des «­YouTubeurs­»

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Photo AFP Véritable phénomène sur ­YouTube avec ses tutoriels de maquillage, Michelle Phan fait partie de ces vlogueurs ayant fait fortune grâce au site de partage de vidéos.

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Un long-métrage qui fait un malheur, des listes de millionnaires et de stars, des studios qui émergent un peu partout... En cette fin 2015, c’est devenu évident: YouTube est devenu une ­réalité médiatique d’importance.

En France, un collectif d’humoristes baptisé Suricate a lancé, le 24 novembre, un long-­métrage qui est un des premiers succès du genre sur ce support: 48 heures après sa ­sortie, Les Dissociés avait déjà récolté près d’un million de vues, et on prévoyait ­atteindre les deux millions dès la première semaine de décembre. Le magazine L’Express écrivait au sujet du film: «Les gags sont efficaces, et la réalisation, si elle n’est pas exempte de défauts, surprend par sa qualité.» Surtout étant donné le budget: «seulement» 150 000 euros, contre 4 millions en moyenne pour les longs-métrages français. Les Dissociés, lancé sur la chaîne YouTube Golden Moustache, propriété du groupe M6, soulève aussi l’intérêt à cause de son financement obtenu aux trois quarts grâce à du placement de produits. Une future diffusion sur la chaîne W9 et les revenus de la publicité sur YouTube devraient faire le reste.

Ce genre de phénomène est déjà bien ­implanté aux États-Unis. Le magazine ­d’affaires Forbes a même dévoilé, dans son édition de novembre, son palmarès des ­YouTubers les mieux payés. Y figurent entre autres Michelle Phan, rendue célèbre grâce à ses tutoriels de maquillage, Kjellberg, KSI (ou Olajide Olatunji), ces deux derniers ­spécialisés en jeux vidéo, et des duos de ­comédiens: Ian Hecox and Anthony Padilla (Smosh), et les Fine Brothers (Benny and Rafi Fine), Rhett & Link, (Rhett McLaughlin et Charles Lincoln Neal III )... Inconnus pour une bonne partie du public, mais suivis par des millions de fans via YouTube... et ­récoltant des millions de dollars, grâce à ­diverses ententes de commandite et de ­placements de produit.

Un phénomène au Québec aussi

Le Québec a aussi ses YouTubeurs ­vedettes, qui commencent à se bâtir une ­célébrité. Ils et elles ont pour noms Cynthia Dulude, Emma Verde, Camille Ingels-Fortier, Jean-François CD, Thomas Gauthier... Leurs créneaux sont sensiblement les mêmes que ceux des YouTubers à succès ailleurs: ­maquillage, humour, style de vie... On ne connaît pas les revenus qu’ils génèrent, mais ils mettent de l’avant des chiffres de fréquentation appréciables à l’échelle du Québec: jusqu’à 100 000 abonnés sur YouTube, et 500 000 vues par mois.

Comme ailleurs, les entreprises commencent à mettre en place des structures afin de harnacher ce potentiel. Québecor Média a lancé, début octobre, Goji, qui est décrit comme «un collectif de talents au service des créateurs de contenu vidéo en ligne». On veut leur offrir un accompagnement dans le développement d’occasions d’affaires et un soutien à la création. Puis, peu après, la firme de production Attraction Images a lancé le studio Le Slingshot, qui revendique, dans son écurie, 13 YouTubeurs québécois en vue. Le Slingshot veut aider, lui aussi, à la création et à la production de contenu, les soutenir dans le développement de chaînes YouTube, et les accompagner dans leurs relations avec les annonceurs.

 

La mutation de la semaine

Voir a annoncé la dernière publication de son journal papier pour le 17 décembre, et le ­lancement prochain d’un magazine imprimé, le 28 janvier 2016. «Ainsi, tout en maintenant la cadence des publications quotidiennes sur voir.ca, nous vous proposerons aussi des ­contenus au rythme de l’imprimé», écrit entre autres le rédacteur en chef, Simon Jodoin.

 

Le retour de la semaine

Pif Gadget, mythique magazine pour enfants des années 1970-80, est revenu en kiosque à un rythme trimestriel, sous le nom de Super Pif. Le magazine avait disparu en 1993. Le journal L’Humanité, détenteur de la marque, l’avait ­ressuscité entre 2004 et 2009, mais Pif, très endetté, avait de nouveau fermé.

 

L'investissement de la semaine

Rupert Murdoch
Photo d'archives, AFP
Rupert Murdoch

Dow Jones, filiale du groupe News Corp créé par le milliardaire Rupert Murdoch, a investi deux millions d’euros dans le quotidien français L’Opinion, journal lancé en 2013 par Nicolas Beytout, ex-directeur du quotidien économique Les Echos.