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22 décès par jour causés par la grippe en janvier dernier

Michael Leibovitch
Photo d’archives L’inefficacité du vaccin, la virulence de la souche de grippe ainsi que le temps très froid ont fait grimper le nombre de victimes.

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Le virus de la grippe a été virulent l’hiver dernier, causant pas moins de 22 décès par jour en janvier, selon de nouvelles données dévoilées au moment où la vaccination bat son plein.

«La saison grippale particulièrement hâtive et sévère de l’hiver 2014-2015 a entraîné un nombre de décès particulièrement élevé en décembre 2014, ainsi qu’un pic record en janvier 2015», lit-on dans le bilan démographique 2015 de l’Institut national de santé publique publié mardi.

«C’est plutôt exceptionnel par rapport à ce qu’on a vu depuis plusieurs années. La saison dernière va rester marquante pour son intensité et ses impacts», confirme Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec

Ce sont les personnes âgées qui ont surtout été les victimes de cet hiver difficile.

Record de décès

«La population âgée est plus durement affectée par la grippe que les plus jeunes et la souche de grippe était plus virulente. Il faisait aussi très froid, alors les gens sortaient moins et restaient plus en contact avec le virus», explique Bryan Ward, professeur et chercheur sur les maladies infectieuses à l’Université McGill.

Le nombre de décès enregistré au Québec l’an dernier a aussi été beaucoup plus élevé que les prévisions. Environ 63 000 personnes sont mortes en 2014 soit 1600 personnes de plus que la moyenne estimée normalement.

Et seulement pour le mois de janvier 2015, 6900 personnes sont décédées, ce qui représente le plus grand nombre de décès enregistré en un seul mois dans l’histoire récente du Québec.

«On ne peut pas dire que c’est entièrement la faute de l’influenza, mais on peut dire qu’elle est en grande partie responsable de ce surplus de décès», soutient le Dr De Serres.

Vaccin inefficace

Le vaccin qui a été administré l’an dernier s’est également avéré inefficace ce qui n’a pas permis d’aider ceux qui étaient plus vulnérables.

«Le vaccin ne valait rien. Il n’a pas pu sauver les 50-60 % des gens qui l’ont reçu comme il le fait normalement», précise le Dr Karl Weiss, chef du département des maladies infectieuses et de microbiologie de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

«Le vaccin a été mal ciblé, mais c’est vraiment une exception», insiste le Dr Alain Vadeboncoeur, chef de médecine d’urgence à l’Institut de cardiologie. Cette année, la vague de grippe arrive plus tardivement jusqu’à maintenant et le vaccin semble fonctionner».

 

Ce que révèle aussi le bilan

La croissance de la population au ralenti

La population du Québec n’a augmenté que de 0,74 % en 2014. C’est la cinquième année de suite qu’un ralentissement est observé depuis le sommet de 1,1 % en 2009. 

La population est de 8,26 millions d’habitants. Le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans a continué d’augmenter et représente 18 % de la population. Les moins de 20 ans comptent quant à eux pour 21 % de la population et la tranche des 20-64 ans est de 62 %. 

Moins de mariages, moins de bébés

Le nombre de mariages célébrés en 2014 a été le plus faible des quatre dernières années avec 22 410 cérémonies.

Si de telles conditions se poursuivaient, seulement 27 % des hommes et 30 % des femmes se marieraient avant l’âge de 50 ans. Les mariages religieux sont en perte de vitesse au profit des mariages célébrés par un ami ou un parent.

Le taux de natalité est également en baisse depuis 2008-2009 avec 1,62 enfant par femme plutôt que 1,73 à l’époque. 

Les immigrants moins nombreux

La Belle Province a accueilli 1700 immigrants de moins que l’année précédente. Environ 11 % d’entre eux étaient natifs de l’Iran, 7 % de la France, 7 % de l’Algérie et 6,8 % de la Chine.

Les pertes migratoires demeurent aussi élevées. Le Québec a perdu 13 800 citoyens au profit des autres provinces en 2014.

Plus de centenaires 

Après avoir connu jadis la plus faible espérance de vie de toutes les provinces canadiennes, les Québécois vivent désormais aussi longtemps que la moyenne des Canadiens. L’espérance de vie est de 80,2 ans chez les hommes et 84,1 ans chez les femmes.

Le Québec abrite plus de 1900 centenaires dont 91 % sont des femmes.

Si la tendance se maintient, près d’une femme sur vingt et près d’un homme sur cinquante survivraient jusqu’à 100 ans.

 

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