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Le panier d’épicerie coûtera 350 $ de plus en 2016

Les prix des aliments et des menus de restos ne cessent de croître depuis quatre ans

mario meloche
Photo Le Journal de Montréal, Marie-Ève Dumont Mario Meloche, propriétaire de la fruiterie Vert Pomme à Montréal, n’a jamais vu des prix aussi élevés dans les fruits et légumes.

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Malgré les fortes hausses du coût des denrées ces dernières années, les consommateurs ne pourront espérer de répit en 2016, car ils doivent s’attendre à payer en moyenne 350 $ de plus pour leur panier d’épicerie, selon une étude.

Fruits, légumes, viandes: tous ces produits connaîtront de nouveau des hausses de prix supérieures au coût de la vie, révèle le Rapport 2015 sur les prix des aliments de l’Université de Guelph.

«Le prix pour simplement manger augmente d’un dollar par jour, c’est énorme», indique le professeur Sylvain Charlebois, un des auteurs de l’étude.

Sylvain Charlebois, le professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université de Guelph. COURTOISIE
Photo courtoisie
Sylvain Charlebois, le professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université de Guelph. COURTOISIE

Les salaires ne suivent pas

«Le problème c’est que les salaires ne suivent pas, alors, l’argent dont on a besoin pour se nourrir, on le retire d’ailleurs», déplore-t-il.

En fin de compte, en quatre ans, une famille moyenne québécoise devrait débourser 1350 $ de plus (en incluant la prévision de 2016) pour se nourrir, que ce soit à la maison ou à l’extérieur.

En 2015, les fruits et les légumes ont connu la plus forte augmentation, soit autour de 10 %.

«Jamais vu ça»

Mario Meloche en a été témoin à son petit commerce de Verdun.

«C’est l’enfer, je n’ai jamais vu ça en 38 ans de métier», laisse tomber le propriétaire de la fruiterie Vert Pomme. Il y a des fruits et légumes qui me coûtent jusqu’à 30-40 % plus cher. Si j’en jette deux ou trois pourris dans une caisse, il ne me reste plus de marge de profit.»

M. Meloche cite en exemple une caisse de 24 céleris qu’il achète à 58 $ ou encore huit casseaux de fraises de la Californie qu’il trouve à 85 $.

«Je vends mes ananas à 3,49 $ ou 4,99 $ et je fais moins d’argent que lorsque je les vendais à 1,49 $ ou 2,49 $, ça n’a aucun sens», dénonce-t-il.

Selon les prévisions, les fruits et légumes devraient augmenter respectivement de 4,5 % et 4 % l’an prochain. La viande, particulièrement le bœuf, devrait encore faire un bond de 4,5 %.

Adieu la viande

La cause de ces augmentations est principalement la faiblesse du dollar canadien. Mais le bœuf n’est simplement plus accessible pour plusieurs.

Les restaurants l’État-Major et Quartier général à Montréal l’ont complètement retiré du menu.

«On veut être un restaurant abordable, alors il est impossible pour nous de continuer à en servir. On doit aussi réduire certaines de nos portions de viandes au profit d’autres aliments pour y arriver», se désole le copropriétaire des deux restos, Dominic Laflamme.

 

Des hausses qui n’en finissent plus

 

Augmentation prévue en 2016

Dans son ensemble, le coût des achats de nourriture (incluant les restaurants) devrait augmenter de 4 % l’an prochain. Les augmentations prévues:

Viandes: 4,5 %
Fruits et noix: 4,5 %
Légumes: 4 %
Poissons et fruits de mer: 3 %
Produits laitiers et œufs: 2 %
Pains et céréales: 2 %
 

Variation des prix sur 4 ans (2013 à 2016)

Les hausses successives coûteront 1350 $ supplémentaires aux familles.

Viandes: 19,5 %
Légumes: 22 %
Fruits et noix: 18,8 %
Poissons et fruits de mer: 15,6 %
Pains et céréales: 5,6 %
Produits laitiers et œufs: 3,2 %
 

Les hausses qui ont fait le plus mal cette année

Laitues: 22 %
Oranges: 14 %
Fraises et framboises: 17,4 %
Tomates: 11 %
Pâtes alimentaires: 10,2 %
 

Les restos rapides ont la cote

Le prix d’un repas au restaurant a augmenté de 2,7 % en 2015 et pourrait poursuivre sa montée d’un autre 3,5 % en 2016.

Ce sont surtout les restaurants rapides qui en profiteront, selon le rapport.

Les ventes annuelles pour les restos au service complet stagnent depuis 2013 tandis que celles de la restauration rapide augmentent de 4 % depuis quelques années.

«Les restaurants au service complet diminueront sans doute leurs portions et devront revoir la gestion de leur service pour continuer à être profitables», lit-on dans le document.

 


(Source: Rapport 2015 sur les prix des aliments de l’Université de Guelph et l’Indice des prix à la consommation de Statistique Canada)

 

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