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En voie d’extinction

Seulement 40 joueurs québécois ont disputé un match de la LNH cette saison

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Il y a déjà quelques saisons qu’on soulève le problème, mais la chute du nombre de joueurs québécois au sein de la LNH n’a jamais été aussi vertigineuse.

À preuve, seulement 40 athlètes originaires de la Belle Province ont joué au moins un match dans le grand circuit depuis le début de la campagne. Selon les ­statistiques recueillies sur le site officiel de la LNH, il s’agit d’une diminution d’environ 66 % par rapport aux 117 de 2000-2001, la saison la plus faste des 21 dernières années.

Bien sûr, nous ne sommes qu’au tiers de la saison. Mais en regardant de plus près les meilleurs espoirs des filiales des 30 équipes du circuit Bettman, on peinera à atteindre le plateau des 55 joueurs.

Advenant le cas, il s’agirait du pire résultat depuis les 38 de 1966-1967, soit la dernière saison où la LNH était composée de seulement six équipes.

La fin d’une époque

Comme si ce n’était pas ­suffisant, voilà qu’on assiste à un départ massif de joueurs à la ­retraite.

Martin Brodeur, Martin St-Louis, Daniel Brière, Simon Gagné, Francis Bouillon et Pascal Dupuis se sont tous retirés au cours des 12 derniers mois. Voilà qui décime les rangs.

Et c’est sans compter les carrières de Maxim ­Lapierre, exilé en Europe, de Stéphane Robidas, contraint à l’inactivité en raison de blessures, de Vincent ­Lecavalier, boudé par les Flyers, et de Maxime Talbot, qui ne cesse de faire la navette entre Boston et Providence, qui vivotent et tirent manifestement à leur fin.

Difficile à ralentir

Le Québécois est visiblement une espèce en voie ­d’extinction dans le circuit Bettman. Une réalité encore plus flagrante chez les gardiens, autrefois la grande fierté de la province. De 25 qu’ils étaient en 2000-2001, ils ne sont plus que cinq.

Dans ce nombre, on inclut Jean-François Bérubé, qui n’a vu de l’action que dans une rencontre.

Récemment, une enquête du collègue Mario Morissette dans Le Journal de Québec dévoilait qu’environ seulement 40 % des joueurs de la LHJMQ sont originaires du Québec. Cela indique que la décroissance n’est pas sur le point de s’arrêter.

D’ailleurs, un recensement effectué auprès des 30 formations de la Ligue américaine prouve que le portrait est similaire à celui de sa grande sœur.

Au moment de mettre sous presse, la Ligue américaine comptait 56 joueurs québécois, dont seulement quatre gardiens.

Au moins, les 20 Québécois sélectionnés par une formation de la LNH en 2015 et les 22 en 2013 (comparativement à 11 pour 2014) offrent une certaine lueur d’espoir.

Ils vivent d’incertitude

Maxim Lapierre: Exilé en Europe

Stéphane Robidas: Blessé

Vincent Lecavalier: Boudé par les Flyers

Maxime Talbot: Fait la navette entre Boston et Providence

On pourrait les voir cette année

  • Danny Biega (LAH, Charlotte, Caroline)
  • Jordan Caron (LAH, Chicago, St. Louis)
  • Anthony Mantha (LAH Grand Rapids, Detroit)
  • Xavier Ouellet (LAH, Grand Rapids, Detroit)
  • Samuel Morin (LAH, Lehigh Valley, Philadelphie)
  • Michael Matheson (LAH Portland, Floride)
  • William Carrier (LAH, Rochester, Buffalo)
  • Philip Danault (LAH, Rockford, Chicago)
  • Patrick Bordeleau (LAH, San Antonio, Colorado)
  • Marc-André Cliche (LAH, San Antonio, Colorado)
  • Louis Domingue (LAH, Springfield, Arizona)
  • Mark Barberio (LAH, St. John’s, Montréal)
  • Kevin Poulin (LAH, Stockton, Calgary)
  • Émile Poirier (LAH, Stockton, Calgary)
  • Yanni Gourde (LAH, Syracuse, Tampa Bay)

Nombre de Québécois ayant joué au moins un match dans la LNH

  • 1995 / 1996: 97
  • 1996 / 1997: 100
  • 1997 / 1998: 94
  • 1998 / 1999: 110
  • 1999 / 2000: 104
  • 2000 / 2001: 117
  • 2001 / 2002: 106
  • 2002 / 2003: 105
  • 2003 / 2004: 92
  • 2004 / 2005: Saison annulée (lock-out)
  • 2005 / 2006: 90
  • 2006 / 2007: 81
  • 2007 / 2008: 71
  • 2008 / 2009: 65
  • 2009 / 2010: 71
  • 2010 / 2011: 66
  • 2011 / 2012: 70
  • 2012 / 2013: 59
  • 2013 / 2014: 66
  • 2014 / 2015: 59
  • 2015 / 2016*: 40

* au 10 décembre 2015

Représentation des Québécois dans la Ligue américaine


 

«Un problème sur lequel j’aimerais me pencher»– Maxime Talbot

«Ouf! Il en reste moins qu’il n’en restait.»

Maxime Talbot ne s’était pas rendu compte qu’autant de Québécois avaient pris leur retraite au cours de la dernière année lorsque le représentant du Journal lui a dressé la liste, plus tôt cette semaine.

Cependant, il n’est pas tombé de sa chaise lorsqu’il a appris que moins d’une quarantaine de joueurs originaires du Québec avaient foulé une glace de la LNH cette saison.

«Et là, nous sommes combien? Une trentaine?» a-t-il même avancé avant que l’auteur de ces lignes ne lui ­divulgue le nombre.

«Je suis au fait que c’est un sujet dont on parle beaucoup au Québec présentement. Je sais que ça brasse pas mal», a-t-il déclaré lors de son ­récent passage à Montréal.

«Malheureusement, je ne suis pas assez près pour connaître les causes. Je ne cache pas que c’est un problème sur lequel j’aimerais me pencher après ma carrière.»

Modèles et idoles

Talbot ne met pas de côté la thèse de plusieurs selon laquelle le hockey est devenu un sport universel. ­Cependant, il y apporte un bémol.

«Il faut être fier et développer notre hockey du mieux que l’on peut. Pour animer une passion, il faut des idoles. Moins il y en a, plus ça devient difficile. D’ailleurs, je lis présentement The Talent Code, un livre qui explique justement ce phénomène. On y mentionne que peu importe la sphère d’activité, si les jeunes n’ont pas de modèles à qui s’identifier, ils n’auront pas l’étincelle qui fera naître cette passion.»

Et avec 39 joueurs, dont certains sont loin d’avoir des postes réguliers dans la LNH, les modèles québécois commencent à se faire rares.

L’ancien joueur des Olympiques de Hull ose tout de même espérer que le problème n’est que passager.

«Il y aura peut-être bientôt un ­autre boom. Parfois, il ne faut que quelques bons entraîneurs et un groupe de joueurs au-delà de la moyenne qui se challengent mutuellement pour créer une nouvelle vague.»