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L’édifice Ernest-Cormier de la rue Notre-Dame

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photo Courtoisie Archives de la Ville de Montréal
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin

 

La rue Notre-Dame

photo Courtoisie Archives de la Ville de Montréal

«La ville n’avait alors qu’une rue, la rue Notre-Dame», écrivait jadis Hector Fabre. Elle fut nommée ainsi par François Dollier de Casson, supérieur des Sulpiciens, en 1672, en l’honneur de la Vierge protectrice de la paroisse et de l’église, alors en construction. Du temps de la Nouvelle-France, la rue Notre-Dame, au sommet du coteau Saint-Louis, formait la haute ville, lieu de résidence du gouverneur de Montréal, Claude de Ramezay, et des sulpiciens. Descendant vers la basse ville par la rue Saint-Joseph (Saint-Sulpice), les riches commerçants de fourrure, tels que la famille Le Moyne, habitaient la rue Saint-Paul, près du port. C’est lors de la démolition des fortifications, au début du 19e siècle, que la rue Notre-Dame s’est étendue du côté des faubourgs. L’administration civile y a fait son nid: la prison de la place Vauquelin (1768-1803), le vieux palais de justice (1857) et l’hôtel de ville (1878) y furent subséquemment construits. La rue accueillait aussi échoppes et commerces de détail aux enseignes colorées. Mais c’est lors des processions vers l’église Notre-Dame que la rue s’animait au rythme des prières des fidèles.

L’édifice Ernest-Cormier, 100, Notre-Dame Est

photo Courtoisie Archives de la Ville de Montréal

Édifiée entre 1922 et 1926, la Cour d’appel est la première grande réalisation de l’architecte Ernest Cormier. L’appareil judiciaire était alors à l’étroit dans le vieux palais de justice de l’autre côté de la rue. Très vulnérable au feu, celui-ci était un bien piètre gardien des précieuses archives judiciaires. Relevant le défi avec brio, Ernest Cormier (avec Louis A. Amos et Charles J. Saxe) choisit un style classique en pleine cohérence avec celui du vieux Palais. De sévères colonnes doriques gardent le portique monumental de la Cour. Avec ces mots, FRUSTRA LEGIS AUXILIUM QUAERIT QUI IN LEGEM COMMITTIT, la frise rappelle que «celui qui viole la loi recherche en vain son secours». Si vous passez devant l’édifice, ne vous laissez pas intimider par sa façade. Il est possible de visiter l’intérieur, dont la salle des pas perdus au décor et aux proportions admirables. Peu après son décès, en 1980, le gouvernement du Québec rendit hommage à ce grand architecte en nommant l’édifice en son honneur.

Un architecte méconnu, Ernest Cormier (1885-1980)

photo Courtoisie des Archives du Centre Canadien d’Architecture de Montréal

«Cormier est à l’architecture ce que Riopelle est à la peinture», rappelait dernièrement le professeur Jean-Claude Marsen face à la décision du gouvernement du Québec de mettre en vente son atelier du 3460, rue Saint-Urbain. Né en 1885, Ernest était le fils du médecin Isaïe Cormier et de Malvina Généreux. Très tôt, Ernest développa des aptitudes en dessin. Formé en ingénierie à Polytechnique et en architecture aux Beaux-Arts à Paris, Cormier acquit une maîtrise complète de son métier, de la conception architecturale au design intérieur au style classique très épuré. Il rentra d’Europe en 1918, année malheureuse où son épouse décéda de la grippe espagnole. Le jeune veuf se plongea dans le travail, dessinant des écoles et des églises, mais aussi des projets à l’international dans son atelier de la rue Saint-Urbain, alors fréquenté par les intellectuels et les artistes de l’époque. Sa demeure de la rue des Pins, la tour de l’Université de Montréal, la Cour suprême à Ottawa et les portes d’entrée de l’ONU à New York sont quelques-unes de ses grandes réalisations.

 

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