/investigations
Navigation

La firme de génie-conseil Roche devient «Norda Stelo»

Elle s’ajoute ainsi aux entreprises rebaptisées après la commission Charbonneau

La firme de génie-conseil Roche devient «Norda Stelo»

Coup d'oeil sur cet article

Dans la foulée de la commission Charbonneau et des enquêtes sur le financement illégal des partis politiques, le cabinet de génie-conseil Roche a fait connaître hier son nouveau nom: Norda Stelo.

Il s’ajoute donc à une longue liste de firmes et de compagnies de construction liées aux scandales de corruption qui adoptent une nouvelle raison sociale.

Selon le PDG de «Norda Stelo», Alex Brisson, c’est l’aboutissement logique d’un plan du cabinet pour «réinventer complètement ce qu’est le génie», entamé en 2013.

«On ferme la porte sur le passé et on se propulse en regardant vers l’avant, pour le futur, dit-il. Le fait de changer notre image de marque devenait un no-brainer», un incontournable, dit Alex Brisson.

Roche avait annoncé il y a quelques mois son intention de changer de nom, «un passage obligé pour nous au Québec», avait convenu Alex Brisson dès septembre dans l’hebdomadaire Les Affaires.

Collusion et financement illégal

<b>Alex Brisson</b><br />
PDG de Roche
Photo courtoisie
Alex Brisson
PDG de Roche

L’ex-Roche est liée de près aux scandales de collusion dans les travaux publics et de financement politique illégal évoqués à la commission Charbonneau (CEIC). Son ancienne vice-présidente, France Michaud, a été reconnue coupable de fraude, complot et abus de confiance pour avoir participé à un cartel des contrats municipaux à Boisbriand.

L’ancien ministre libéral Marc-Yvan Côté, embauché chez Roche dans les années 1990, a activement participé à des activités de financement politique illégales, selon plusieurs témoignages à la CEIC.

Après les audiences de cette commission et les nombreuses enquêtes anticorruption dans le domaine de la construction d’infrastructures publiques, de nombreuses firmes et compagnies ont changé de nom.

Dans le génie-conseil, Genivar a annoncé dès 2013 qu’elle allait adopter l’appellation WSP.

 

Elles ont aussi changé de nom

 

Genivar, devenue WSP

WSP, anciennement Genivar, adoptait en janvier 2014 le nom du cabinet britannique avec qui elle a fusionné en 2012. La firme a notamment fait parler d’elle à la commission Charbonneau parce qu’une employée avait dénoncé les pratiques de corruption de son employeur, en vain, selon son témoignage.

ABC Rive-Nord, devenue Groupe Uniroc

Président de la compagnie d’asphalte ABC Rive-Nord inc., David Whissell a dû démissionner de son poste de ministre du Travail dans la controverse en 2009 parce que le premier ministre Jean Charest avait resserré les règles sur les conflits d’intérêts. Il a dû se défendre d’avoir fait des pressions pour obtenir du financement illégal pour le Parti libéral du Québec après le témoignage de l’ex-entre­preneur Lino Zambito à la CEIC. ABC Rive-Nord existe toujours, mais sous le parapluie du Groupe Uniroc, créé en 2013. Le site internet de l’entreprise arbore maintenant le logo de cette entité, détenue par les mêmes actionnaires. «ABC a toujours sa licence», souligne David Whissell, joint par notre Bureau d’enquête. Il explique qu’Uniroc a été créée «pour différentes raisons.

Construction Mivela inc., devenue Construction Irebec inc.

Selon les témoignages entendus à la commission Charbonneau (CEIC), Mivela participait à un cartel des trottoirs à Montréal. Selon les témoignages, la GRC a vu son patron, Nicolo Milio­to, pas moins de 236 fois au club social Consenza, repaire du clan mafieux Rizzuto. Qu’à cela ne tienne. Mivela a continué de multiplier les contrats publics sous un autre nom: Irebec. Nicolo Milioto, alias «M. Trottoirs», a officiellement passé les rênes de la compagnie à son gendre, Alfonso Polizzi, en mars 2014.

Les entreprises de Tony Accurso devenues Hexagone pour un temps

Toutes les entreprises de construction de l’ancien magnat des travaux publics sont maintenant vendues. Elles sont aujourd’hui entre les mains de Transelec/Common. Dans un premier temps, la majorité d’entre elles avaient cependant été «vendues» au Groupe Hexagone, détenu notamment par les deux fils de Tony Accurso et un ancien directeur général du Parti libéral du Québec, Joël Gauthier, aujourd’hui poursuivi par l’Autorité des marchés financiers pour déclaration financière trompeuse. Tony Accurso avait lui-même cautionné le prêt qu’avaient fait les acheteurs de ses entreprises de construction en 2013.

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.