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Un pédophile en cavale

Les parents sont soulagés d’avoir retrouvé leur enfant, mais déchirés à l’idée des sévices qu’aurait subis leur fille avant sa mort

Cédrika Provencher
Photo d'archives Cédrika Provencher

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Où se cache le criminel responsable de la mort de la petite Cédrika Provencher? Qui est-il? Se sent-il traqué depuis deux jours, alors que des chasseurs ont découvert dans un boisé les ossements de la petite disparue en juillet 2007?

On a retrouvé Cédrika à une douzaine de kilomètres de l’endroit où elle avait été vue pour la dernière fois. Est-ce le lieu du crime ou son corps a-t-il été transporté là récemment? N’avait-on pas ratissé le coin? Qui sait quelque chose et continue de se taire dans ce dossier qui, depuis huit ans, a créé une onde de choc chez nous?

Les questions affluent en rafale alors que les enquêteurs fouillent le secteur où on a retrouvé le crâne de la petite, enlevée près de chez elle, à Trois-Rivières, sans doute par un homme qui prétendait chercher son chien. Et alors qu’on piétinait depuis des années, sans information probante malgré les centaines de témoignages reçus, voilà qu’on retrouve l’enfant? Étonnant.

La fin de l’espoir

Pour la famille de la petite disparue, les sentiments sont partagés entre le soulagement et la douleur. Les parents sont soulagés d’avoir retrouvé leur enfant, mais déchirés à l’idée des sévices qu’aurait subis leur fille avant sa mort. Tout parent visualiserait des images d’horreur. Nous sommes touchés par ce qu’ils doivent vivre en ce moment. Notre compassion les accompagne.

Avons-nous vraiment cru que la petite fille souriante dont les affiches ont été placardées aux quatre coins du Québec revienne saine et sauve parmi les siens? On l’a souhaité, bien sûr, parce que cela nous rassurait sur la sécurité de nos propres enfants. La découverte de Cédri­ka, c’est surtout la fin de l’espoir. La jeune fille, qui aurait 15 ans aujourd’hui, ne reviendra jamais à la maison. Elle n’aura pas de premier chum ni de bal de fin d’études. Ce qu’on lui a volé, à elle et à ses proches, n’a pas de prix. Celui qui a fait ça va-t-il finir par payer pour son crime?

Le mystère demeure

Que sait-on vraiment? Que Cédrika a croisé un pédophile sur sa route? Fort probable. Que cet homme-là est toujours en cavale? Sans aucun doute. À moins qu’il ne soit déjà en prison pour un autre crime. Mais les pédophiles ne font pas long feu en prison.

Vous voulez des exemples? L’an dernier, un des prédateurs sexuels les plus «craints» de la Beauce a été relaxé au terme de sa peine. On a laissé sortir Mario Sans­chagrin même si, après huit ans, il serait toujours un risque pour la société. Même chose pour Eduard-Stefan Georgescu, de Brossard, qui serait toujours dehors s’il n’avait été repris pour d’autres agressions. Steve Hurdle est un pédophile récidiviste désigné délinquant à contrôler. C’est une bombe à retardement, disent les spécialistes qui l’ont évalué. Il n’a fait que quatre ans de prison. Et dès sa sortie, il a recommencé. Sa dernière victime est une fillette de cinq ans.

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, dont la fille a été assassinée par un récidiviste, est convaincu que Cédrika serait vivante si un registre des prédateurs sexuels existait au Québec. Peut-être. Mais ça fait des années qu’on en discute et rien ne se fait.

Une chose est sûre, quelqu’un, quelque part, sait très bien ce qu’il est arrivé à Cédrika.

 

 

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