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Le curé se mêle de la chicane de la croix de Sainte-Adèle

La saga juridique a déjà coûté des millions

Le curé de Sainte-Adèle, André Daoust, devant la litigieuse croix qui surplombe la ville.
Photo courtoisie Le curé de Sainte-Adèle, André Daoust, devant la litigieuse croix qui surplombe la ville.

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Le curé de Sainte-Adèle implore la Ville de mettre fin à la saga qui risque de coûter plusieurs autres millions de dollars pour garder le droit de changer les ampoules de l’emblématique croix qui surplombe la municipalité.

«Moi, je suis là pour le monde. Et là, c’est le monde qui paie», peste André Daoust, curé de Sainte-Adèle.

Le religieux en a marre de cette saga, où la Ville a dépensé plus de deux millions de dollars pour conserver le droit de faire l’entretien de cette croix au sommet de la ville. Et où elle risque d’en dépenser autant dans une dizaine d’autres recours.

Dix ans d’avocasseries

Un riche résident, Marc Lupien­­, contestait depuis 2005 le droit de la Ville de passer sur son terrain une fois ou deux par année pour changer les ampoules de la croix qui fait la fierté des Adélois. Ironiquement, Marc Lupien a été à la tête de l’entreprise de luminaires Nadair.

Il y a dix ans, l’homme d’affaires­­ a fait construire une somptueuse maison à quelques mètres seulement de la croix de la ville. Il refusait, depuis, que les cols bleus empruntent la route pour y faire les travaux d’entretien.

Mais en août 2014, après pas moins de 18 jours de procès, la Cour supérieure a condamné Marc Lupien à laisser passer les employés municipaux sur son terrain.

Il s’agissait de la 12e décision d’un juge opposant les parties.

Et les belligérants sont encore loin d’être au bout de leurs peines. Marc Lupien a déposé une dizaine d’autres recours contre des maires qui se sont succédé, des conseillers qu’il estime véreux, des employés qui l’ont menacé de forcer la destruction de son petit château s’il ne coopérait pas, ou qui l’accusent d’avoir asphalté la portion publique de chemin qui mène à sa résidence.

Marc Lupien exigerait au total­­ près de sept millions de dollars, mais serait prêt à accepter moins de trois millions pour fermer les livres.

Il n’a pas été possible de parler à l’homme d’affaires lundi.

« C’est juste une croix ! »

«Plus ça dure, plus ça coûte cher aux citoyens, dénonce le curé Daoust. Marc Lupien est rendu à sa quatrième offre pour régler, mais la Ville s’acharne à ne pas négocier. Il faut jeter les armes de la rancœur. Après tout, c’est juste une croix!»

À la Ville de Sainte-Adèle, on ne voit pas pourquoi ce serait la Ville qui baisserait les bras face à ce citoyen avec qui elle est à couteaux tirés depuis son arrivée, tant pour la croix que pour des problèmes de permis.

Le directeur général Pierre Dionne demeure insensible aux représentations d’André Daoust.

«En fait, je ne sais pas trop de quoi se mêle le curé ni quels sont ses intérêts, dit-il. Dites-moi sur quels prétextes la Ville donnerait des millions en règlement à cet homme alors que c’est nous qui avons remporté notre cause?»

Pas blanc comme neige

«Mais dans les autres causes, on parlait entre autres de menaces de la Ville de détruire sa maison, rétorque M. Daoust. Ce n’est pas rien!»

Une attaque que le directeur général de la Ville a de la difficulté à parer.

«Je n’étais pas là quand on a fait cette offre, qui avait pour but de lui mettre de la pression. Mais la menace a été retirée», dit-il.

En attendant cet autre procès, les parties vont se retrouver à la cour municipale en juin prochain pour des demandes de permis qui n’ont pas été faites pour des rénovations.

 

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