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Le plus gros reste à faire

Ministre, François Blais
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin Le ministre de l’Éducation, François Blais, a lancé un plan d’action visant à mieux prévenir et gérer les commotions cérébrales.

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Un premier pas a été franchi avec la présentation d’un plan d’action pour la prévention et la gestion des commotions céré­brales liées à la pratique d’acti­vités sportives au Québec. Il reste à savoir comment on s’y prendra pour appliquer et financer le programme commandé par le gouver­nement québécois.

Personne n’avait de réponses immédiates à fournir lors de la conférence de presse qui s’est tenue à l’Institut national du sport du Québec, hier après-midi.

Le ministre François Blais, qui détient deux portefeuilles dont celui du ministère du Loisir et du Sport, a fait savoir que ces questions seront étudiées dans le cadre d’ateliers de concertation. Ce processus ne devrait pas être terminé avant le printemps prochain au plus tôt.

Long processus

C’est donc dire qu’il se sera écoulé plus d’un an entre le dépôt du rapport, qui a été remis au gouvernement en avril dernier, et les premières mises en place du mécanisme d’application d’une vingtaine de mesures proposées dans le rapport.

Rappelons que le plan a été préparé par un groupe de travail dirigé par le Dr Dave Ellemberg, professeur au département de kinésiologie de l’Université de Montréal et sommité en matière de recherches psychologiques et cognitives.

Les recommandations de son groupe s’adressent aux écoles et à une trentaine de disciplines sportives fédé­rées dans la province.

D’où viendra l’argent?

Le financement dans les écoles et certaines fédérations pourrait poser un problème.

Comment pourra-t-on justifier des dépenses pour ce programme dans les écoles au moment où le gouvernement sabre les dépenses en matière d’éducation?

Le ministre Blais a répondu que rien n’est prévu à cet effet pour l’instant.

Certaines fédérations sportives vont rencontrer le même problème. Elles ne disposent pas toutes des moyens de la Fédération de hockey sur glace.

Il faudra aussi faire de la formation. Faute d’être médecins, les personnes qui jugeront de l’état d’une victime d’un choc à la tête devront avoir des connaissances.

«On ne pourra pas improviser, corrobore le Dr Ellemberg.

«S’il est clair au premier coup d’œil qu’il y a commotion cérébrale dans certains cas, il n’existe aucun symptôme apparent qui le prouve sans ambiguïté dans d’autres cas. Les signes se font parfois sentir entre 24 et 48 heures plus tard.

«Pour cette saison, dès qu’il y aura un doute, le jeune sera sorti de l’aire de jeu.»

D’un extrême à l’autre

Le Dr Ellemberg a rencontré une trentaine de personnes œuvrant dans les domaines de la santé, de la kinésiologie et du monde sportif durant la préparation de son rapport.

Son travail l’a aussi amené à discuter avec des parents, qui peuvent réagir de façon diamétralement opposée.

«D’un côté, il y a des parents qui vont jusqu’à retirer leurs enfants du sport qu’ils pratiquent, ce qui n’est pas la meilleure solution», dit le Dr Ellemberg.

Ce n’est certes pas le but.

À une époque où l’on dit que les jeunes n’en ont que pour les jouets électroniques, il ne faudrait pas leur faire peur à propos de tout et de rien.

Il y a un équilibre à trouver dans cette démarche.

«À l’autre extrême, il y a encore des parents et des membres d’organisations qui minimisent la portée des coups à la tête», poursuit le Dr Ellemberg.

Pour lui, la solution passe davantage par l’éducation que par la loi.

«Tous les États américains sont dotés de lois en matière de commotions cérébrales, mais les résultats sont minimes puisque les jeunes ne sont pas pris en charge, souligne-t-il.

«Au lieu d’établir des lois, on préférerait, de notre côté, instaurer des règles visant la protection des jeunes.

 

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