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CA_Patrick-DésyMathieu Turbide

Alcool, vin et snobisme

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Un jour, dans un party, un type m’aborde en me disant : «Je préfère les vins de châteaux aux vins de domaines. Et vous ? »

C’est sans doute la chose la plus ridiculement snob qu’il m’ait été donné d’entendre de toute ma vie de chroniqueur de vin.

Je repensais à ça, l’autre jour, en lisant Le Vin Snob, le dernier livre de Jacques Orhon et je me disais que  la question de mon énergumène, c’était à peu près l’équivalent aujourd’hui de ce qu’aurait dit l’ineffable Benoit, dans une pub des «fromages d’ici» : «Je préfère le fromage fait avec des vaches qui ont plus de taches blanches que de taches noires. Et vous ?»

Bref, à la question de mon Benoit à moi, je suis resté «bouche bée», sinon «bouche bête», et peut-être même «lettre morte», tant qu’à faire dans le n’importe quoi.

Donc, «Le vin snob» de Jacques Orhon, un acteur important du monde du vin au Québec, comme on le sait, et qui vient de publier aux Éditions de l’Homme son Xe bouquin.

«Pour en finir avec le snobisme imposé par les ¨parvenus du bouchon¨ et les bobos du goulo», écrit-il, en dos de couverture.

Je ratisse moins large dans l’univers des buveurs de vin que Jacques Orhon, j’avoue ; mais personnellement, contrairement à ce dernier, je dois dire qu’outre mon «Benoit», j’ai très rarement rencontré des snobs dans «mon» monde du vin à moi, celui que je fréquente presque quotidiennement.

Il est vrai que je suis plutôt du genre casanier. Je sors peu, je fréquente peu les restaurants, presque jamais les bars à vins ; et le monde du vin que je connais, c’est-à-dire les producteurs, agents, journalistes, chroniqueurs, blogueurs, conseillers en vins, sont dans leur quasi-totalité des professionnels qui non seulement ne se prennent pas la grosse tête, mais qui font tout, au contraire, pour présenter le vin simplement, comme moi-même je m’évertue à le faire depuis bientôt trente ans.

Je fréquente aussi assidûment (pour ne pas dire beaucoup) les médias sociaux ; et ceux qui y parlent du vin, dans leur très grande majorité là aussi, le font d’une façon sérieuse et éclairée, jamais le petit doigt en l’air.

Quant aux gens que je rencontre en dehors du monde du vin, soit à l’épicerie, à la SAQ, dans le voisinage ou ailleurs, ils tiennent presque toujours le même discours : «On ne connaît pas ça le vin, mais on aime ça en boire ; et on est content d’en apprendre un peu en vous lisant».

Mais, comme je le disais, Jacque Orhon, globe-trotter du vin, conférencier, animateur, auteur, chroniqueur, sommelier et professeur de sommellerie, a un contact beaucoup plus large que moi avec ceux qui baignent dans l’univers du vin.

Il a lui-même une vaste expérience du travail en salle comme sommelier, et il a été de ce fait en contact direct avec toutes les catégories d’amateurs possibles, du plus sympathique au plus tête à claques et, évidemment, il connaît parfaitement le monde de la sommellerie où une nouvelle génération de jeunes sommeliers souffrent parfois, ai-je cru comprendre (et m’apercevoir moi-même), du syndrome du Ti-Jos «Connaisseur».

Cela dit, je trouve que Jacques Orhon a parfois le «vin snob» un peu susceptible, malgré tout, entre autres lorsqu’il aborde le vocabulaire du vin.

Après tout, les mots existent pour dire ce qu’ils ont à dire, et ils ne rendent certainement pas snobs ceux qui les utilisent, bien que certains en fassent sûrement parfois un usage immodéré, sinon inapproprié.

J’ai l’air de rechigner, comme ça, mais en réalité, j’ai beaucoup aimé le livre de Jacques Orhon, un de ses meilleurs, à mon sens.

La preuve, comme je viens de le démontrer ici même, on a le goût d’en débattre, donc de le lire.

Et puis, au-delà du thème central de son livre,  l’auteur aborde toute une série de sujets connexes (oenotourisme, marketing, bouchons de liège et capsules à vis, vin bio et vin nature, le vin et la santé, la notation du vin, etc. et du coup, il met les points sur les «i» de plusieurs fausses ou demies-vérités.

À propos de la notation des vins, cependant, j’ai été étonné qu’il ne fasse pas la distinction entre la notation dans l’absolu, comme la pratiquent La revue du Vin de France et la tandem Bettane-Desseauve pour ne nommer qu’eux, et ceux qui notent par catégorie, tels le Wine Spectator et le Wine Advocate de Robert Parker, ou chez-nous le Guide Phaneuf. Mais détail-détail, dirait l’autre.

En fin d’ouvrage, l’auteur fait ce qu’il faut bien appeler un long plaidoyer en faveur du monopole qu’est la SAQ.

On peut être pour ou contre, ou un peu des deux. Mais peut-être vous êtes vous déjà fait votre propre tête sur le sujet ?

Bonne lecture alors et, si ça se trouve, on se fait une bouffe et on s’en reparle.

 

  • Le vin Snob, par Jacques Orhon. Les Éditions de l’Homme. Prix : 27,95$

 

Une histoire de l’alcool

 

Rod Phillips est chroniqueur de vin au Ottawa Citizen. Mais d’abord et avant tout, il est professeur d’histoire à l’Université Carleton.

Je le connais un peu pour avoir fait quelques voyages de vins avec lui et, bien qu’il soit du type discret mais volontiers pince-sans-rire, c’est un type, je dirais, fondamentalement sérieux.

Aussi on n’est pas étonné que cette «Histoire de l’alcool» qu’il vient de publier aux Presses de l’Université Laval soit un ouvrage dense, savant, extrêmement bien documenté, comme le serait une thèse de doctorat ; mais facile d’approche et de lecture.

On comprendra ici que le mot alcool est pris dans son sens large puisqu’il englobe le vin, la bière, l’hydromel, bref toutes les boissons fermentées.

Je n’ai pas encore passé complètement au-travers, comme on dit, mais il est fascinant de constater à quel point l’alcool a joué un rôle important dans l’histoire de l’humanité.

À lire au coin du feu, le soir, un verre de cognac de méditation à la main.

  • Une histoire de l’alcool, par Rod Philips ; traduction de Jude Des Chênes. Les Presses de l’Université Laval. 39,95 $

 

Le Guide Hachette des whiskies

 

L’autre jour ma belle sœur, en entrant chez moi, aperçoit ce guide des whiskies qui traînaient sur un meuble dans le salon : «Heille ! Un guide des whiskies, qu’elle dit. On va aller se l’acheter».

Elle et son chum Jacques sont de fervents amateurs de whiskies, ce que je ne suis hélas pas (on ne peut pas avoir toutes les qualités).

Mais je comprends par contre leur passion pour en avoir moi-même une très grosse.

Et comme c’est publié chez Hachette, dans le même format que le Guide Hachette des vins, et qu’on l’imagine aussi fait avec la même rigueur, c’est un incontournable pour les amateurs.

540 whiskies du monde y sont répertoriés, commentés et notés d’une à trois étoiles.

Des whiskies d’Écosse et d’Irlande, évidemment mais aussi du Japon, des États-Unis, du Canada, d’Australie, d’Afrique du Sud, etc.

  • Le Guide Hachette des Whiskies par Martine Nouet. Les Éditions Hachette. 39,95 $