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Carey Price: les priorités à la bonne place

NHL/
Photo USA Today Sports Carey Price sourit à la vie quand il parle de la venue de leur premier enfant.

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Ce n’est pas un trophée de plus qui va changer Carey Price, vous pensez bien. De toute façon, il ne possède même pas une pièce où les exposer chez lui.

Il l’a dit comme à son habitude, c’est-à-dire tout bonnement, alors qu’un journaliste lui demandait avant le match d’hier soir au Centre Bell où il remiserait tous les trophées qu’il a mérités cette année.

Celui qu’il vient de recevoir, le trophée Lou-Marsh, n’est pas le moindre.

Le voilà reconnu comme l’athlète par excellence au Canada, rien de moins.

Tout ça après avoir été choisi le joueur le plus utile à son équipe tant par ses pairs de la Ligue nationale que par les journalistes assignés aux activités régulières du circuit.

Tout ça après avoir été nommé le meilleur gardien de la LNH par les directeurs généraux.

En somme, il a été le meilleur joueur de hockey du monde pour l’année qui s’achève.

Ce n’est pas rien.

Rien de plus important que la vie

Mais l’homme garde ses deux pieds solidement ancrés sur terre. Il en a fourni un autre bel exemple quand une journaliste de la télévision anglophone lui a demandé quel bilan il pouvait faire de 2015 en ajoutant la venue du premier enfant que son épouse Angela et lui attendent pour le printemps prochain.

«Cela permet de réaliser à quel point la vie est tellement plus importante que le sport», a-t-il répondu.

Venant de lui, on sait qu’il le pense vraiment.

Premier gardien

Cela ne veut pas dire qu’il n’apprécie pas pour autant les nombreuses distinctions qui lui ont été attribuées ces six derniers mois.

Il est le troisième joueur de l’histoire du Canadien à remporter le trophée Lou-Marsh après Maurice Richard, qui avait été le tout premier joueur de hockey à le recevoir en 1957, et Guy Lafleur en 1977.

De plus, il est le premier gardien de but dans la longue liste des lauréats qui remonte à 1936.

«Je suis surpris car on parle d’un sport où les gardiens ont été nombreux à connaître de grandes carrières», a-t-il dit.

C’est comme les bons athlètes canadiens.

Price était en lice avec le sprinteur André De Grasse; la joueuse de basketball Kia Nurse; la joueuse de soccer Kadeisha Buchanan; le sauteur à la perche Shawnacy Barber et le sauteur en hauteur Derek Drouin, selon ce que rapporte le quotidien Toronto Star qui organise le scrutin.

Le vote a été d’ailleurs un des plus serrés de l’histoire, peut-on lire sur le site web du Star.

Encore plus haut

Pour ceux qui se posent la question, Lou Marsh était un athlète qui a participé à plusieurs disciplines sportives de compétition à la fin du 19e et au début du 20e siècle avant d’amorcer une carrière de journaliste sportif qui s’est échelonnée sur 43 ans au Star.

«Je viens de franchir un autre niveau avec cet honneur, a mentionné Price.

«D’être comparé à des athlètes canadiens faisant carrière dans d’autres sports est une chose qui rend très humble.»

Price dit avoir beaucoup d’estime pour les athlètes amateurs.

«En plus de consacrer beaucoup d’efforts pour réussir dans leur sport, ils doivent parfois piger dans leurs poches pour défrayer leurs dépenses, a-t-il rappelé.

«Cela s’ajoute à toute la pression qui pèse sur leurs épaules. C’est une chose dont je n’ai pas à me soucier»

Le 9e en 80 ans

En consultant la liste des vainqueurs, Price s’est arrêté notamment sur le nom de Donovan Bailey, ancien détenteur du record mondial du 100 mètres.

Évidemment, il n’a pas manqué de vérifier les noms des joueurs de la LNH qui avaient été choisis avant lui, du Rocket à Sidney Crosby en passant par Bobby Orr, Phil Esposito, Bobby Clarke, Guy Lafleur, Wayne Gretzky et Mario Lemieux. Il n’est donc que le neuvième en 80 ans.

Cela le place en grande compagnie. Mais il ne sera vraiment satisfait que le jour où il pourra ajouter la coupe Stanley à son palmarès.

C’est peut-être à ce moment-là qu’il trouvera une pièce de sa maison pour exposer ses trophées.

Kassian ne devrait pas revenir

On dit souvent que l’opinion des gens est une question de perception.

Ainsi, dans le cas de Marc Bergevin, certains disent qu’il a la capacité de réparer ses mauvais coups. À l’inverse, d’autres lui en tiennent rigueur et l’accusent de tous les problèmes qui peuvent se poser sur le chemin du Canadien.

Heureusement pour lui, il a la couenne dure.

Si les médias lui reprochent de manquer de transparence en rapport avec les blessures que subissent ses joueurs, ils ne peuvent que reconnaître sa franchise dans la gestion de son personnel de joueurs.

Bergevin n’hésite pas à prendre des risques.

Parfois, ça tourne en sa faveur.

Pensons aux acquisitions de Dale Weise, Torrey Mitchell, Brian Flynn, Tomas Fleischmann et Paul Byron.

Parfois, ça flope.

Alex Semin est déjà parti et on verra ce qui arrivera dans le dossier Zach Kassian. Il serait très surprenant que ce dernier soit réclamé au ballottage.

Zack Kassian
Photo d'archives
Zack Kassian

On parle d’un joueur qui a eu sa chance à Buffalo, puis à Vancouver, et qui s’est remis les pieds dans les plats à la première occasion à Montréal.

On peut se demander aussi si le Canadien est intéressé à le voir côtoyer ses jeunes joueurs à Saint John’s.

Les options

Son contrat ne peut être résilié, mais Bergevin pourrait toujours dire à Kassian de rester chez lui, tout en respectant son contrat jusqu’à la fin de la saison.

À en juger par la teneur de son discours lorsque Kassian a été admis dans un centre de désintoxication, le joueur originaire de Windsor n’a plus d’avenir dans l’organisation.

Bergevin ne l’avait pas défendu une miette. Une réflexion prédominait dans ses propos. «C’est un privilège que d’être un joueur de hockey», avait-il déclaré.

À 24 ans, Kassian a encore du temps devant lui.

Jordin Tootoo, qui a été traité pour des problèmes d’alcool, est un bel exemple de persévérance. À 32 ans, il est encore au poste avec les Devils du New Jersey.

Kassian tient son sort entre ses mains.

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