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Dans les coulisses de... Toruk, Le premier envol

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MONTRÉAL | La première mondiale de Toruk – Le premier envol aura lieu au Centre Bell ce lundi. En octobre dernier, on a pu assister aux premiers extraits lors des répétions qui avaient lieu en Louisiane.

Les trente premières minutes de la deuxième partie du spectacle avaient été présentées à Bossier City en Louisiane.

Le nouveau spectacle du Cirque du Soleil se base sur l’univers du film Avatar de James Cameron. Il est moins question de cirque, laissant place à du «théâtre performance à grand déploiement», avec des acrobaties qui servent le récit plutôt que d’être l’âme de l’œuvre.

Juste avant la sortie du film Avatar, le réalisateur James Cameron avait avoué au P.D.G. du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, qu’il s’était inspiré des personnages du cirque pour créer son univers. Une collaboration était déjà dans l’air avant d’être officialisée au printemps 2014.

L’univers Avatar

Si le spectacle reprend le monde de Pandora, son peuple, son langage et sa faune, le cirque ne reprend pas l’histoire du film, et ne met pas en scène ses héros Jake Sully et Naytiri.

Il plonge plutôt le spectateur 3000 ans avant l’arrivée des humains sur la planète Pandora, terre des Na’vi. Lorsqu’un chaman voit qu’une catastrophe menace de détruire l’arbre des âmes, source de toute vie, deux jeunes Omaticaya et une Tawkami décident de partir à l’aventure. Les trois courageux parcourront les montagnes flottantes de la planète afin de trouver le Toruk, le plus grand prédateur de Pandora. Ainsi, ils espèrent réaliser une prophétie et sauver leur espèce.

Le spectacle raconte l’histoire de la première âme pure qui a chevauché le Toruk, ce grand oiseau rouge et jaune que Jake Sully avait réussi à surprendre, et qui aura permis de rallier les troupes et de combattre les humains, dans le film.

L’importance de l’histoire

Pour servir le récit et avec l’objectif clair et assumé de raconter une histoire, Michel Lemieux et Victor Pilon, les auteurs et metteurs en scène de ce 36e spectacle du Cirque du Soleil, intègrent un personnage narrateur qui parle pour la première fois en anglais ou en français.

«L’histoire est plus importante dans ce spectacle. C’est une volonté d’explorer autre chose. C’est devenu très clair qu’on voulait un narrateur. On voulait s’assurer de ne pas perdre les spectateurs », affirme Nelson Vignola, directeur de création.

«Vers la fin du spectacle, on se rend compte que ce n’est pas seulement un narrateur, c’est le punch de la fin», mentionne Michel Lemieux.

Ce mystérieux narrateur n’est pas le seul à parler. Les personnages principaux ont tous des micros, et parlent en Na’vi. Les trois camarades sont 95 % du temps sur la scène et ne s’attardant quasiment qu’au jeu. «James Cameron voulait au départ que le spectacle soit vu comme au cinéma, avec des lunettes 3D. On a dit non, parce qu’on veut que les gens voient l’univers, qu’ils y entrent qu’ils entendent les artistes travailler, et être essoufflés. », soutient Lemieux.

Multidisciplinaire

Le Cirque fera voyager Toruk dans plusieurs amphithéâtres du monde entier, et pour cause, car la scène est imposante, impressionnante. Le sol est un écran géant avec relief, sur lequel sont projetées des images de différents lieux de la planète Pandora. À l’arrière se dresse le pied d’un immense arbre. Un gros travail de Carl Fillion, scénographe, se cache sous cette toile en trois dimensions qui prend vie.

Plus de 40 projecteurs sont utilisés afin de représenter cet univers qui fait tant rêver. «Habituellement, si 3 ou 4 projecteurs de ce type sont utilisés, c’est un gros spectacle. Jamais un spectacle d’aréna n’a eu ce genre d’équipement. C’est hyper complexe, mentionne Victor Pilon. C’est un super terrain de jeu pour nous. La rencontre entre le vivant et le virtuel.»

«L’île au milieu réserve de grandes surprises, elle est à la fine pointe de la technologie, c’est du jamais-vu», affirme Jean-François Bouchard, guide créatif du projet.

Les costumes signés Kym Barrett sont à couper le souffle: luminescents et accessoirisés dans l’esprit de ce peuple imaginaire. Ils ne manqueront pas de ravir les inconditionnels du film.

Quinze marionnettes géantes représentant les créatures de l’univers imaginé par le réalisateur James Cameron ont été finement réalisées. Certaines sont dans le film comme les loups-vipères.

Moins d’acrobaties

Le spectateur devra faire le compromis d’être moins impressionné par les acrobaties, pour se laisser transporter par le récit.

Michel Lemieux et Victor Pilon sont clairs, il ne faut pas que les spectateurs s’attendent à un spectacle de cirque comme Alegria, Varekai, KÀ ou plus récemment Kurios. Ils ont eu le désir d’innover, et ainsi de mettre l’acrobatie au service d’une histoire, et non l’inverse.

«En création, les contraintes deviennent notre liberté. Une des conditions de création était d’avoir 35 artistes. Avec un désir de raconter une histoire, on ne pouvait pas se permettre d’avoir de grands spécialistes. On est allé vers des artistes multidisciplinaires», explique Michel Lemieux, qui souligne qu’habituellement, une cinquantaine d’acrobates participent à un spectacle comme celui-ci.

Il le dit lui-même, ils ont fait le choix d’aller vers des numéros de moins haut calibre, moins impressionnants sur le plan technique.

 

Toruk en chiffre

1 Québécois a décroché un des premiers rôles, et 35 autres travaillent sur la production.

Il y a plus de 115 costumes et leur prix oscille entre 5000 $ et 15 000$.

40 vidéoprojecteurs sont intégrés dans le spectacle:

  • 22 diffusent du contenu au sol.
  • 8 servent aux projections immersives dans la foule.
  • 6 envoient des images directement sur l’arbre-maison.
  • 2 sont dédiés aux écrans latéraux.

La surface de projection totale, excluant les projections dans le public, est l’équivalent de plus de 5 écrans IMAX standard

Le spectacle a bénéficié d’un budget de 44 Millions $

35 artistes, 40 techniciens et 40 autres employés qui veillent au bon fonctionnement du spectacle. Plus de 70 personnes s’affairent en coulisse pendant la représentation.

  • Plus de 1000 éléments de costumes ont été produits.
  • Chaque costume en forme de fleur des Tawkami nécessite 400 mètres de tissus et 120 cannes à pêche.
  • 25 personnes font partie de l’équipe de costumes qui part en tournée avec le spectacle.
  • Les marionnettes « loups-vipères » pèsent 23 livres. La conception de toutes les marionnettes a pris 9 mois. Depuis janvier, ils améliorent celles-ci sans cesse.

L’immense scène mesure... 26 m x 49 m

L’arbre-maison mesure 24 mètres de largeur et a une hauteur de plus de 12 mètres

61 mètres: Longueur de la toile qui recouvre la scène (sert de surface de projection).