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La vague coréenne

La vague coréenne
Photo courtoisie

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Le chanteur coréen Psy détient, avec Gangnam Style, le record mondial absolu du nombre de vues sur YouTube. Daddy, qui marque son récent retour, est déjà un autre hit. Mais le succès de Psy et celui d’autres artistes de Korean pop ne sont qu’un aspect d’un phénomène culturel d’envergure mondiale.

Chaque année, plus de 3 millions de touristes visitent Namiseom, petite île coréenne située à quelques dizaines de kilomètres au nord-est de Séoul, au milieu du fleuve Han. Une des raisons de leur intérêt: c’est à Namiseom (ou Nami Island) que se déroulait en partie l’action de la série télévisée Winter Sonata, diffusée à partir de 2002. C’est Winter Sonata qui est réputée avoir donné le coup d’envoi à ce qu’on appelle depuis les K-dramas, ces séries télévisées à caractère mélodramatique qui connaissent un immense succès international.

Les K-dramas sont en quelque sorte à l’Asie ce que les telenovelas brésiliennes sont à l’Amérique latine: un produit culturel d’exportation immensément populaire, d’abord dans les pays voisins, mais aussi un peu partout dans le monde.

Ainsi, les K-dramas sont l’objet de véritables cultes dans une série de pays qui, hormis la Corée, comprennent le Japon, la Chine, le Vietnam, la Malaisie, l’Inde et l’Iran, et atteignent aussi des adeptes en Europe et en Amérique... y compris dans les pays d’Amérique latine! La plus populaire, une série à caractère historique intitulée Jewel in the Palace, a été vendue dans 91 pays.

Si les séries télé sont à l’origine de succès constants et durables, c’est en musique qu’on retrouve les succès les plus foudroyants. Outre Psy, les vedettes de la K-pop se nomment Girls’ Generation, 2NE1, Big Bang... Ils intègrent à dessein des paroles en mandarin, en japonais et en anglais... Et YouTube contribue à les propulser sur la scène internationale.

Une politique économique et culturelle

Les succès sont impressionnants. Pour Psy, c’est un record absolu avec Gangnam Style, qui fait allusion aux coutumes d’un quartier chic de Séoul: 2,5 milliards de vues sur YouTube, depuis 2012. Daddy, lancé le 1er décembre, dépasse déjà les 60 millions de vues. Entre-temps, il y a aussi eu Hangover, en collaboration avec le rappeur américain Snoop Dogg. Girl’s Generation fait des tournées dans des salles remplies à craquer, surtout en Asie, mais le groupe est aussi apparu en 2012 à l’émission David Letterman.

Si le tout plonge ses racines dans l’histoire du pays, il y a déjà plusieurs décennies, le phénomène qu’on a baptisé Hallyu ou Korean Wave, a vraiment pris son essor à la fin des années 90. Ces succès ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont le résultat d’actions soigneusement planifiées et dans lesquelles même le gouvernement coréen s’implique. On a en effet identifié les produits culturels comme des produits exportables d’importance, autant sinon plus que les automobiles ou les produits électroniques.

Dans une prochaine chronique: stratégies et secrets de réussites culturelles coréennes.

Pour la vidéo Daddy: https://www.youtube.com/watch?v=FrG4TEcSuRg

Le chiffre de la semaine

Y a-t-il trop de séries de télé aux États-Unis? Toujours est-il qu’on a un chiffre: il y a eu, en 2015, 409 séries originales écrites et diffusées sur les chaînes conventionnelles et sur les services de câble en en ligne.

La nouveauté de la semaine

Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec sont devenus les premiers médias canadiens à offrir leurs articles via l’application Articles instantanés (Instant Articles) de Facebook. Par la même occasion, Le Journal a abandonné le «mur payant» pour ses contenus en ligne.

Le désistement de la semaine

Le service de sites web Go Daddy, qui annonçait dans le Super Bowl depuis 2005, ne sera pas de la partie cette année et a annoncé qu’il favoriserait dé-sormais des stratégies «plus ciblées».