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La veille de Noël au marché Bonsecours

1884

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photo Courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, Le marché Bonsecours, la veille de NoËl en 1884 / Reproduction d'Edgar Gariépy, BM42-G0753_pl-ver
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse

 

La veille de Noël au marché Bonsecours

photo Courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, Le marché Bonsecours, la veille de NoËl en 1884 / Reproduction d'Edgar Gariépy, BM42-G0753_pl-ver

En cette veille de Noël de 1884, le marché Bonsecours foisonne d’activité. Comme de nos jours, les Montréalais attendent la dernière minute pour faire leurs emplettes. Afin d’avoir un choix varié, les ménagères s’y rendent de bon matin en traîneau hippomobile mené par leur mari, bien au chaud sous l’épaisse couverture de fourrure. Pour le repas de Noël et du Nouvel An, un arrêt s’impose à l’étal décoré de branches de sapin de la famille Poulin, où l’on peut se procurer de la sauvagine, du petit gibier, du beurre et des œufs frais. Occupant le cellier nº 5 du marché Bonsecours, MM. Poulin & Cie a une place de choix: les devantures donnant sur la rue Saint-Paul étant les plus prisées par les commerçants. Une féroce concurrence règne entre les marchands, qui crient, interpellent et étourdissent clients et clientes afin de les attirer vers leur étalage. Allant et venant, marchandise ou panier sous le bras, la frénésie de Noël est sur toutes les lèvres, au marché Bonsecours.

Plus qu’un simple marché

photo Courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, Le marché Bonsecours, la veille de NoËl en 1884 / Reproduction d'Edgar Gariépy, BM42-G0753_pl-ver

Jusqu’en 1963, le marché Bonsecours était une grande foire alimentaire s’étendant jusqu’à la place Jacques-Cartier et parfois même au Champ-de-Mars. Les ménagères, les petits épiciers et les grossistes s’y approvisionnaient en fruits, légumes, fleurs, poissons et viandes en provenance des campagnes. Mais le marché Bonsecours était bien plus qu’une halle nourricière. Élevé entre 1843 et 1848 par l’architecte William Footner, ce monument néoclassique évoquait le prestige grandissant de Montréal, alors capitale du Canada-Uni et future métropole économique. Juste après l’émeute et l’incendie du parlement, le 25 mai 1849, les parlementaires siégèrent à l’étage du marché pour quelques sessions d’urgence, bien protégés par des soldats et par le poste de police qui s’y trouvait. L’architecte George Browne aménagea la section sud-ouest pour l’hôtel de ville, qui y logea de 1852 à 1878. Comme il était doté de grandes galeries intérieures, les Montréalais venaient y visiter l’exposition agricole provinciale, assister à des concerts classiques ou y recevoir une formation à l’école militaire, comme Honoré Beaugrand au cours de l’été 1865. Sauvé de la démolition 100 ans plus tard, le marché Bonsecours a retrouvé son lustre d’antan grâce à de nombreuses restaurations.

La chapelle Bonsecours

photo Courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, Le marché Bonsecours, la veille de NoËl en 1884 / Reproduction d'Edgar Gariépy, BM42-G0753_pl-ver

Tout juste esquissé, l’ancien clocher de la chapelle Notre-Dame-du-Bonsecours s’élève dans le ciel d’hiver. Aidée par les premiers colons, l’intrépide sœur Marguerite Bourgeoys fit bâtir la première chapelle montréalaise sur ce lieu en 1657. Initialement en bois, elle fut érigée en pierre en 1675, ce qui ne suffit pas pour l’épargner du feu en 1754. Rebâtie au même endroit en 1773, la seconde chapelle accueillit des paroissiens catho­liques venus d’Écosse et d’Irlande. À côté du nouveau marché, le lieu de culte, lui, s’agrandit pour recevoir des pèlerins et de pieux marins venus d’outre-mer. Pour faciliter l’accès au port, on tenta de démolir la chapelle à deux reprises à la fin du 19e siè­cle. Mais les Sœurs de la Congrégation Notre-Dame et les Sulpiciens veillaient. Deux ans après la prise de ce cliché, ces derniers entre­prirent des réfections majeures, dont la construction d’un nouveau clocher. Au fil des ans, ces bons soins permirent d’y vivre des moments uniques lors des Choralies ou de la messe de Noël.

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