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France: décès de «Madame Claude», célèbre tenancière d’un réseau de prostitution de luxe des années 1960

«Madame Claude» (Fernande Grudet), le 5 mai 1986 à Paris
AFP «Madame Claude» (Fernande Grudet), le 5 mai 1986 à Paris

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«Madame Claude», Fernande Grudet de son vrai nom, célèbre tenancière française d’un réseau de prostitution de luxe dans les années 1960-1970, est décédée samedi à 92 ans, selon son acte de décès consulté mardi par l’AFP.

Fernande Grudet est morte à Nice (sud-est) où elle était hospitalisée depuis environ deux ans, a précisé l’un de ses proches à l’AFP. «Elle était très fatiguée», a ajouté ce proche souhaitant garder l’anonymat. Elle vivait à Nice depuis une quinzaine d’années.

Cette femme proxénète aux allures de grande bourgeoise a régné pendant une vingtaine d’années sur un réseau de 500 femmes et une poignée de garçons qui se vendaient pour 10 000 ou 15 000 francs la nuit (1 500 à 2 300 euros) en lui laissant une commission de 30%.

Son credo ? Rendre «le vice joli» avec des filles qui n’ont pas l’air de prostituées et des clients dans les plus hautes sphères - hommes politiques et chefs d’État français et étrangers, comme le Chah d’Iran ou John F. Kennedy, célébrités du cinéma, hommes d’affaires comme le patron de Fiat Giovanni Agnelli.

En échange des confidences recueillies sur l’oreiller par les filles de «Madame Claude», celle-ci s’assure les meilleures protections, celle de la Brigade mondaine et celle du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece, devenu DGSE).

Mais l’arrivée de Valéry Giscard d’Estaing au pouvoir et le renforcement de la lutte contre le proxénétisme au milieu des années 1970 sonnent la fin de ses protections au plus haut niveau. Madame Claude, malgré une fuite aux États-Unis, sera condamnée et incarcérée plusieurs fois, jusque dans les années 1990, après avoir monté un nouveau réseau.

«Elle emporte avec elle secrets d’alcôve et secrets d’Etat. C’était une légende», a réagi auprès de l’AFP l’ancien patron de la police judiciaire parisienne, Claude Cancès.


 

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