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Moi aussi, je suis nostalgique

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Mon ami Mathieu Bock-Côté a écrit un très joli texte sur Noël, hier.

Il y avouait son amour des rituels – la messe de minuit, les soupers de famille, les bûches, les films de Noël, etc.

(J’espère que Mathieu a inscrit National Lampoon’s Christmas Vacation sur sa liste de films incontournables, sinon, ça va brasser...)

Saucisses hot-dog et pets-de-soeur 

«Les fêtes de Noël touchent ma fibre nostalgique, écrivait Mathieu. J’ai l’impression, à l’approche des 24 et 25 décembre, de renouer avec un monde ancien, celui du vieux Canada français, dont les Québécois sont issus.»

Moi aussi, la fête de Noël me rend nostalgique.

On pouvait danser avec une matante chaude sans que la DPJ débarque...

Savez-vous de quoi je m’ennuie? Pas de la messe de minuit, des tempêtes de neige ou de la crèche au pied de l’arbre, non.

Mais de l’époque où les mononcles qui se pétaient la fiole n’étaient pas considérés comme des alcooliques qui avaient besoin d’une thérapie, mais comme de joyeux ivrognes.

Du bon vieux temps où on pouvait manger de la dinde farcie, du rôti de bœuf, du pouding chômeur et des saucisses hot-dog roulées dans de la pâte feuilletée sans qu’une nutritionniste vienne nous faire suer.

De cette époque bénie où on pouvait servir des pets-de-sœur sans qu’un catholique porte plainte pour blasphème, discrimination ou appropriation culturelle.

Bottes dans le bain et enfants dans les manteaux 

À cette époque, si tu n’étais pas catholique, tu ne célébrais pas Noël, point. Tu ne faisais pas chier toute la province en disant que la présence d’un sapin orné de boules en plastique dans le hall d’un bâtiment gouvernemental était un affront à ta religion et devait être condamnée par la Commission des droits de la personne.

Il y avait trois sortes de tourtières. Des tourtières avec du porc, des tourtières avec pas mal de porc et des tourtières avec beaucoup de porc. Tu ne mangeais pas de porc? Tu ne mangeais pas de tourtière, point.

Il n’y avait pas encore de tourtière avec du crypto-simili-porc fait à base de fèves concassées.

À cette époque, si tu avais la chance de danser un slow collé avec une matante chaude, ton cousin te lançait un clin d’œil admirateur, ton père te filmait avec sa caméra super 8 et la DPJ ne débarquait pas dans ton sous-sol.

Les enfants dormaient dans de vrais manteaux de fourrure, pas dans des manteaux faits en poil synthétique. Et on jetait nos claques et nos bottes dans le bain, sans que personne nous fasse un discours interminable sur les dangers de l’E. coli.

Avant les curés de 14 ans

Dans ce temps-là, les écoles publiques n’étaient pas contaminées par la rectitude politique et les jeunes ne se prenaient pas pour des curés.

Ils ne faisaient pas la leçon à leurs parents, ne parlaient pas de changements climatiques quand vous «partiez» votre char pour le réchauffer et ne sermonnaient pas leurs oncles et leurs tantes quand ils les surprenaient à fumer une vraie cigarette (pas une cigarette en métal) sur le balcon, non.

Ils n’avaient que deux choses en tête: se frencher en cachette et mettre la main sur un fond de bouteille de bière.

Bref, c’était il y a un siècle.

 
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