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L’insomnie ne doit pas être prise à la légère

Un chercheur de l’Université Laval prône des campagnes de sensibilisation

«Chez les gens souffrant d’insomnie, le petit hamster continue de fonctionner la nuit. Ils restent survoltés à longueur de journée», souligne le chercheur Charles 
M. Morin, de l’Université Laval.
Photo Le Journal de Québec, Didier Debusschere «Chez les gens souffrant d’insomnie, le petit hamster continue de fonctionner la nuit. Ils restent survoltés à longueur de journée», souligne le chercheur Charles M. Morin, de l’Université Laval.

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L’insomnie chronique perturbe le quotidien d’une personne sur 10. Elle doit être considérée comme un problème de santé publique au même titre que l’obésité ou la sédentarité, prône le professeur Charles M. Morin, de l’École de psychologie de l’Université Laval.

«Il devrait y avoir des campagnes de sensibilisation comme celles sur la nutrition ou l’activité physique. Le sommeil est un besoin vital, au même titre que se nourrir et boire. Il fait le pont entre la santé physique et mentale», explique le professeur Morin, qui est également chercheur en neurosciences à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec.

Travailleurs de nuit

Il a récemment publié dans la prestigieuse revue Nature un article sur l’insomnie chronique. Considéré comme une sommité mondiale en la matière, Charles M. Morin apporte un éclairage nouveau sur les liens entre le manque chronique de sommeil et la dépression grave ou la douleur chronique, notam­ment.

«Les travailleurs de nuit perdent l’équivalent d’une nuit de sommeil par semaine. C’est un déficit important, avec toutes les conséquences qui s’ensuivent. La fatigue au volant est la troisième cause de décès sur les routes. Il ne faut pas prendre ce problème à la légère», indique le professeur Morin.

Depuis 10 ans, il suit avec des collègues chercheurs une cohorte de 4000 personnes à travers le Canada afin d’évaluer la qualité de leur sommeil.

«À notre grande surprise, on a constaté que les problèmes d’insomnie persistent dans le temps. Chez 70 % d’entre eux, l’insomnie continuait un an plus tard et chez 50 % des personnes, jusqu’à cinq ans plus tard.»

Les femmes plus touchées

Le manque de sommeil engendre un risque accru de dépression, même chez les personnes n’ayant aucun antécédent, souligne-t-il. Outre les gens qui souffrent d’insomnie chronique, une personne sur quatre fait de l’insomnie de façon occasionnelle. «C’est beaucoup de monde. Les problèmes d’insomnie sont plus fréquents chez les femmes, en particulier lors des changements hormonaux. En vieillissant, notre sommeil se fragilise», souligne M. Morin.

QUELQUES CONSEILS POUR COMBATTRE L’INSOMNIE

  • Passer moins de temps au lit.
  • Attendre d’être somnolent avant de se coucher.
  • Pas de lecture au lit ni de télé ou de tablette électronique.
  • Avoir des horaires réguliers.
  • Prendre des somnifères à court terme seulement.
  • Une brève psychothérapie peut aider.
 
Source: Charles M. Morin