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Il pourrait faire plus chaud au pôle Nord qu’à Montréal

Arctique pôle Nord
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Cette semaine, il pourrait faire plus chaud au Pôle Nord qu’à Montréal.

Cette semaine, il pourrait faire plus chaud au pôle Nord qu’à Montréal.

En raison d’une violente tempête qui poursuit sa route à l'est de l'Islande, la température du pôle dans son secteur européen a dépassé le point de congélation. À cette période de l’année, il fait habituellement entre -25 °C et -30 °C au pays du père Noël.

Dans les îles du Svalbard, appartenant à la Norvège, où habitent les populations les plus près du pôle Nord, la température a dépassé les 7 degrés mercredi, alors que le maximum moyen est de -14 à ce temps-ci. Un record, il va sans dire.

Avant d’atteindre la région arctique au ord de l'Islande, ce système météo, qui est déjà responsable de tornades mortelles survenues la semaine dernière dans le Sud-Est américain et du Noël exceptionnellement doux au Québec, balayera le nord de l’Europe (l’Islande, tout particulièrement). «Il produira de forts vents et la pression atmosphérique sera aussi basse que celle observée lors d’ouragans», explique le magazine The Atlantic.

«Cette faible pression aspirera l’air des latitudes moyennes de la planète et l’enverra directement vers l’Arctique. C’est pourquoi, ce mercredi, le pôle Nord connaîtra probablement des températures d’environ 35 degrés Fahrenheit, ou 2 °C.»

Des scientifiques américains du North Pole Environmental Observatory (NPEO) ont relevé que le mercure avait brusquement grimpé ces deux derniers jours, passant de -37°C lundi, à -8°C mercredi, sur une balise dans l’Arctique située à environ 300 km du Pôle Nord, a indiqué à l’AFP James Morison, chercheur au NPEO.

L’Arctique est la région du globe la plus affectée par le réchauffement climatique, avec des températures dorénavant supérieures à trois degrés minimum par rapport à l’ère pré-industrielle, selon les instituts internationaux.

Un événement rare

Comme les 15 °C observés au Québec le 24 décembre dernier, une température aussi clémente n’a rien d’ordinaire. Depuis que l’on tient un registre des températures en Arctique, le thermomètre au pôle Nord n’aurait en effet dépassé le point de congélation qu’à une seule autre reprise.

De son côté, le météorologiste au magazine en ligne Slate, Eric Holthaus, n’a pas été en mesure de rencontrer un seul expert de l’Arctique ayant déjà observé une température si clémente à ce temps-ci de l’année.

Une année exceptionnellement chaude

The Atlantic rappelle que 2015 sera l’année la plus chaude jamais enregistrée. Le siècle actuel compte treize des quatorze années les plus chaudes.

L’Arctique n’est d’ailleurs pas épargné (au contraire) par cette hausse des températures. En 115 ans, les températures n’y ont effectivement jamais été aussi élevées, nous apprenait récemment l’Arctic Report Card 2015 publié par l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA).

«L’Arctique se réchauffe deux fois plus rapidement que d’autres régions de la planète, et cela a des conséquences pour la sécurité mondiale, le climat, le commerce et les échanges», a expliqué le chef scientifique de la NOAA, Rick Spinrad, dans un communiqué.

- avec AFP