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La belle histoire du Moulin bleu

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On entre au Moulin bleu attiré par sa traditionnelle farine de sarrasin moulue sur pierre. On en ressort les bras chargés de toutes sortes de farines oubliées depuis l’arrivée des farines industrielles et la tête remplie d’histoires d’autrefois.

C’est que Lucie Lebeau, actuelle propriétaire du moulin avec son mari Sylvain Lafortune, ne se contente pas de vanter les mérites de ses farines artisanales moulues sur pierre. Elle aime bien raconter à qui veut l’entendre l’histoire d’une famille de meuniers de père en fils.

Une histoire qui remonte à l’année 1850, lorsque Aldéric Saint-André construit le moulin sur la rive de la petite rivière Saint-Esprit dans la région de Lanaudière. «Le père de mon mari a connu l’époque où les paysans du coin arrivaient avec leurs grosses poches pour faire moudre leurs grains, puis ce fut les boîtes à grains et les dix roues», raconte Lucie qui a grandi sur une ferme laitière tout près avant d’épouser Sylvain.

Jusqu’en 1977, les meules de pierre étaient encore actionnées à l’eau. Le moulin fonctionne maintenant à l’électricité, mais la famille Lafortune souhaite revenir à l’eau pour pouvoir produire l’électricité nécessaire au chauffage et à l’éclairage du bâtiment.

Le Moulin bleu est l’un des rares moulins traditionnels québécois à avoir survécu à la grande révolution agricole des années 1960. «Tous les moulins fermaient autour de nous», se souvient Lucie. Le Moulin bleu a tenu le coup. Le choix de miser sur la farine de sarrasin y était peut-être pour quelque chose. Malgré l’intérêt croissant pour les farines industrielles, les Québécois s’accrochent à certaines traditions et la galette de sarrasin qu’on savoure encore aujourd’hui avec du sirop d’érable ou de la mélasse en fait partie.

La femme du meunier souligne aussi les efforts déployés par ses beaux-parents pour améliorer leur mode de distribution et faire entrer leur farine de sarrasin dans les épiceries.

En 35 ans, elle a vu passer bien des modes alimentaires. Des modes qui ont contribué à leur façon à la survie de leur entreprise familiale. La plus récente tendance des farines sans gluten leur attire une bonne clientèle puisque la farine de sarrasin n’en contient pas.

Les différentes vagues d’immigration au Québec font apparaître de nouvelles traditions culinaires. «Nous attirons maintenant une clientèle multiethnique avec nos farines de millet, de riz, de quinoa et de haricot noirs», note-t-elle.

Elle se réjouit aussi de l’arrivée des machines à pains qui ont incité une foule de gens, soucieux de savoir ce que contiennent leurs aliments, à se lancer dans la fabrication de leur propre pain.

Malgré tout, leur farine de sarrasin demeure leur meilleur vendeur. Parce qu’on cherche la qualité du vrai, du bon, du goûteux, sans produits chimiques ajoutés, sans doute, mais aussi parce qu’il vient un moment où l’on a envie de retrouver nos racines pour se rappeler d’où l’on vient. Voilà qui explique peut-être ce regain d’intérêt pour les traditions culinaires et ces artisans qui s’acharnent à les maintenir en vie pour le plus grand bonheur de nos palais.

Farines naturelles moulues sur pierre

Farines entières produites à partir de grains du Québec en n’utilisant ni agent chimique ou additif, seulement des grains entiers moulus en farines fraîches.

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La farine de sarrasin du Moulin bleu est offerte dans la plupart des épiceries du Québec. D’autres points de vente ici: www.aumoulinbleu.com

Au Moulin bleu

420, route 341

St-Roch-de-l’Achigan (Québec) 450 588-2660

www.aumoulinbleu.com