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Le rigodon au fil des générations

La formation Le Vent du Nord s’est 
taillé une place dans la musique
traditionnelle.
Photo d'archives La formation Le Vent du Nord s’est taillé une place dans la musique traditionnelle.

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Souvent associée au jour de l’An et à la cabane à sucre, la musique traditionnelle québécoise est pourtant la base de notre patrimoine musical. Elle témoigne de notre passé, mais s’inscrit également dans l’ère contemporaine puisqu’elle se transforme au rythme de nos traditions modernes. Pour mieux comprendre son évolution, voici donc la petite histoire du rigodon.

Comme la musique folklorique s’inscrit dans une tradition de passation orale, rares sont les données écrites répertoriées.

«C’est assez difficile de faire une histoire claire et raisonnée de l’évolution de la musique folklorique au Québec», explique Sandria P. Bouliane, musicologue et chargée de cours à l’Université McGill et à l’UQAM.

Les premiers écrits remontent donc aux années 1920, après que le folkloriste Marius Barbeau, équipé de son phonographe, part faire la collecte de milliers de chansons et de danses traditionnelles dans les différents villages du Québec.

Ces archives ont été d’une grande aide pour les musicologues, qui ont ainsi réussi à établir les faits, et pour les musiciens «trad», qui s’en servent encore aujourd’hui comme référence.

« Un gros mélange culturel »

Les racines de la musique traditionnelle québécoise proviennent principalement de la colonisation française et anglaise du Québec, mais également des communautés irlandaises, qui ont immigré massivement au Québec pendant la Grande Famine du milieu du 19e siècle.

«Les Canadiens français fabriquaient des violons dans les villages ou les commandaient du catalogue Sears et s’inspiraient de la musique des Irlandais. Avant eux, on avait l’influence des Britanniques et des Français, donc ç’a créé un gros mélange culturel», précise Thierry Clouette, musicien et diplômé du programme de Musique traditionnelle au Cégep de Lanaudière à Joliette.

Fort populaire dans les colonies, les villages et les villes depuis des siècles, ce n’est que dans les années 20 et 30 que les premiers artistes sont devenus porteurs de traditions, grâce aux premiers enregistrements et à la commercialisation de la musique traditionnelle.

Parmi les pionniers, on note la famille Soucy et la famille Desmarteaux, la légende du violon Jean Carignan et Alfred Montmarquette à l’accordéon. Viendront ensuite La Bottine souriante, Le Vent du Nord, Yves Lambert et Michel Faubert, qui poursuivront la tradition à leur façon.

La montée du néotrad

Une nouvelle génération de musique traditionnelle a vu le jour au début des années 1990, avec l’arrivée de groupes comme Mes Aïeux, Les Batinses et Les Cowboys fringants. Ces formations se sont réapproprié les codes de la musique traditionnelle et ont ainsi permis une certaine renaissance du mouvement auprès des jeunes.

Ainsi, à l’image de la scène hip-hop, la scène traditionnelle québécoise actuelle est une industrie marginale, certes, mais en santé selon les experts sondés.

«Beaucoup de monde en joue, mais ils ne sont pas présents dans les médias grand public», explique Thierry Clouette, musicien et diplômé du programme de Musique traditionnelle au Cégep de Lanaudière à Joliette.

«Les gens vont associer la musique traditionnelle à la cabane à sucre ou au jour de l’An, mais toute l’année, il y a des dizaines de festivals de musique traditionnelle, dont celui de Joliette, qui a fêté ses 20 ans dernièrement et qui attire des milliers de personnes chaque année. Et ce ne sont pas juste des personnes âgées! La majorité a entre 20 et 30 ans», poursuit-il.

En effet, la musique folklorique actuelle, le néotrad, est constamment en évolution. Certains aspects traditionnels ont été délaissés avec le temps, mais d’autres se sont créés au fil des traditions.

«À la base, la musique traditionnelle était de passation orale, donc vouée à évoluer. Ça changeait et se transformait d’une région à l’autre, et même d’une famille à l’autre. De cette façon, on pourrait dire que ç’a tout simplement continué à évoluer et on se retrouve dans la suite logique», précise Sandria P. Bouliane, musicologue et chargée de cours à l’Université McGill et à l’UQAM.

«La musique folklorique est très vivante et va continuer à évoluer dans plein de directions», conclut-elle.

Où trouver votre musique du jour de l’An

Pour une veillée du Nouvel An 100 % traditionnelle et purement québécoise, voici où dénicher les meilleures listes de lecture sur les différentes applications et les albums indispensables à inclure à votre collection.

Spotify

Reels et rigodons

Il s’agit là d’une liste des plus complètes (durée: 9 h 51), qui fait la part belle autant aux pionniers de la musique traditionnelle québécoise, dont Jean Carignan, Alan Mills et la famille Soucy, qu’aux artistes plus actuels, comme Le Vent du Nord, La Bottine souriante et Les Tireux d’Roches. Quelques artistes américains anglophones se glissent également dans le lot.


iTunes

Les aficionados de rigodons seront heureux d’apprendre que 14 des 18 albums du groupe québécois La Bottine Souriante sont disponibles sur iTunes (prix: de 7,99 $ à 11,99 $). Ainsi, vous aurez la chance de les réécouter autant de fois que vous le voudrez, et ce, peu importe la période de l’année.


Apple Music

Le meilleur du folk rock traditionnel

Les artistes québécois de cette liste de lecture revampent la chanson traditionnelle en lui ajoutant des éléments contemporains. Le résultat est en parfait équilibre, soit à la fois ancré en terre par ses racines et ouvert sur le présent. Bernard Adamus (La honte), Fred Pellerin (Il faut que tu saches), La Volée d’Castors (La belle province), Les Charbonniers de l’enfer (Le vent nous portera), Mauvais Sort (Cauchemar), Patrice Michaud (Je cours après Marie).

Chez les disquaires

1. Le Vent du Nord (Têtu)

 

La formation Le Vent du Nord s’est 
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Photo d'archives

2. Yves Lambert (Trio)

 

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3. De temps antan (Les habits de papier)

 

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4. La Volée d’Castors (Y a du monde à messe)

 

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5. Réveillons! (Malbrough n’est pas mort)

 

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6. Les Tireux d’roches (XO 15 ans d’âge)

 

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7. Michel Faubert (Maudite Mémoire)

 

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8. Les Charbonniers de l’Enfer (Nouvelles fréquentations)

 

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9. Galant, tu perds ton temps (Galant, tu perds ton temps II)

 

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10. Compilation (Par ici la visite!)

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