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Bye bye pertinence, bonjour légèreté

Bye Bye 2015
Photo Courtoisie, Radio-Canada

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L’équipe du Bye Bye n’a épargné personne cette année, pas même Joël Legendre, un ami de la gang, rappelons-le. Mais malgré quelques coups francs, on ne se souviendra pas de cette édition pour avoir été particulièrement bonne, ni même particulièrement mauvaise. En fait, on ne s’en souviendra pas du tout.

L’année 2015 a débuté dans la peur (Charlie Hebdo) et s’est terminée dans la peur (Le Bataclan). On pourrait donc dire qu’il n’y avait pas beaucoup de matériel pour composer une revue humoristique.

Mais s’il y a une utilité thérapeutique au Bye Bye, c’est peut-être justement d’exorciser les démons de l’année passée pour permettre aux gens d’amorcer celle qui vient avec le coeur un peu plus léger.

On peut rire de tout, même des événements les plus tragiques. L’humour maîtrisé a cette capacité de mettre un baume sur les plaies.

L’absence de référence aux attentats de Paris (sauf une mention dans la chanson de Patrice Michaud) déçoit. Que s’est-il passé? Même le slogan Je suis Charlie, qui a été récupéré à toutes les sauces cette année, a été oublié. On aurait facilement pu en faire une blague récurrente, ce que l’Infoman Jean-René Dufort a brillamment fait dans sa désormais traditionnelle émission de fin d’année (diffusée juste avant le Bye Bye).

«L’autre» revue

En vérité, la revue d’Infoman a éclipsé l’autre, et pas juste un peu. Son reportage en Grèce, l’ouverture avec David Suzuki, mais surtout le coup de maître qu’il a fait en dénichant le vidéo du discours que Jacques Parizeau avait enregistré en 1995 dans l’éventualité d’une victoire du «Oui», demeureront dans les annales.

On ne peut pas en dire autant de l’entrevue de Demi/Denis Lévesque avec la tétine de Mélanie Joly, de la crise de larmes de Lise Thériault ou du sketch sur la chute de la Coalition Avenir Québec (CAQ).

Les effets spéciaux des Satiriques, époustouflants, les performances d’acteurs, irréprochables, et les maquillages, du grand art, ont sauvé la mise d’un Bye Bye sous le signe de la légèreté.

Les bons coups

Mention spéciale à Véronique Claveau, épatante dans tous ses rôles, particulièrement celui de Pénélope McQuade et son tsunami capillaire. On a aussi aimé Pierre Brassard, trompe-l’oeil en Jean Leloup, et Louis Morissette en Fabienne Larouche, une imitation savoureuse malheureusement réservée aux initiés.

Les vrais fou rires, il y en a eu trois: Jean Charest, mort de rire, qui s’achète un billet de lotto, le tout Montréal qui tente de rester silencieux pour de pas déranger Saint-Lambert et le gars de Québec qui s’asphyxie en voulant voter avec un sac de plastique sur la tête, trois excellents sketchs, courts et punchés, comme on les aime.

Mais il semble que l’équipe de Louis Morissette se soit égarée dans les méandres de l’humour au premier degré, un humour qui est probablement bien drôle en remue-méninges, mais qui manque cruellement de la pertinence à laquelle on s’attend d’un Bye Bye. En résulte un show télé plutôt ordinaire. À l’année prochaine, Jean-René.

Un dernier mot pour parler des publicités diffusées lors de cette soirée du 31 décembre. C’est rafraîchissant de voir que certains annonceurs se permettent un peu de fantaisie, mais trop c'est comme pas assez. La première pub de Plaisirs Gastronomiques m’a bien fait rire. Pas la sixième.


►Note 3/5 étoiles

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