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[VIDÉO] Une milice d'éleveurs armés occupe toujours un parc naturel de l’Oregon

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Burns (Oregon) - Un groupe de miliciens armés continuait à défier le gouvernement américain lundi en occupant un parc naturel de l’Oregon pour défendre deux éleveurs condamnés à des peines de prison, la police n’étant pour l’heure pas intervenue pour les déloger.

 

Sous la neige, une centaine d’hommes maintenaient leur siège du Malheur Wildlife Refuge et se sont installés dans le parc, dans la foulée d’une manifestation samedi dans la petite ville voisine de Burns. Ils battaient pavé en faveur de Dwight Hammond, 73 ans, et de son fils Steven, 46 ans, condamnés à cinq ans de prison pour avoir mis le feu à des terres fédérales dans la région.

Lors d’une conférence de presse lundi, Ammon Bundy, porte-parole des miliciens, a assuré que les Hammond avaient fait l’objet d’un harcèlement des autorités fédérales après avoir refusé de leur vendre leurs terres.

Ammon et son frère Ryan Bundy sont les fils de Cliven Bundy, un agriculteur pro-armes du Nevada voisin qui avait affronté la police en 2014.

Tout en affirmant que leurs intentions sont pacifiques, Ammon Bundy a affirmé que les miliciens sont armés pour exprimer le droit à porter des armes inscrit dans la constitution américaine.

«Il est important que nous tenions et que les gens comprennent que nous sommes sérieux», a-t-il ajouté sur la chaîne ABC.

Patric Batie, 14 ans, marche le long de la route à Burns. Plusieurs écoles ont choisi de fermer leurs portes en marge de l'occupation.
AFP
Patric Batie, 14 ans, marche le long de la route à Burns. Plusieurs écoles ont choisi de fermer leurs portes en marge de l'occupation.

Au journal The Oregonian, il a assuré que son groupe de miliciens antigouvernementaux comptait rester «des années» s’il le fallait, jusqu’à ce que le gouvernement rende les terres aux exploitants locaux.

Les Hammond père et fils se sont pour leur part distancés des Bundy.

«Dwight et Steven Hammond respectent la loi» et l’ont fait tout au long de leur bataille de cinq ans devant les tribunaux et «vont se présenter au bureau fédéral des prisons pour y purger leur sentence», écrivent leurs avocats, Alan Schroeder, Larry Matasar et Kendra Matthews dans un communiqué reçu par l’AFP.

Ils en appellent aussi «à la clémence» du président américain: «Nous espérons que le président Obama sera d’accord avec nous et avec un juge qui a supervisé leur procès, pour dire qu’une peine minimale de 5 ans est trop élevée».

Plusieurs membres de la communauté des médias étaient toujours massés près de l'entrée du par Malheur National, dimanche soir.
AFP
Plusieurs membres de la communauté des médias étaient toujours massés près de l'entrée du par Malheur National, dimanche soir.



Les Hammond ont été condamnés en 2012 pour avoir mis le feu en 2001 et 2006 à des terres fédérales sur lesquelles ils détenaient des droits de pâture pour leur bétail.

Un juge a ordonné qu’ils retournent derrière les barreaux après avoir déjà fait de la prison pour incendie, estimant trop clémente leur première condamnation.

La police ne donnait quant à elle toujours pas de signe d’intervention lundi.

«Nous travaillons avec le shérif du comté de Harney», une région rurale et agricole de l’Oregon, «pour trouver une issue pacifique à la situation du parc national de Malheur», a indiqué le FBI sur Twitter.

Dès dimanche, le shérif du comté Dave Ward suggérait qu’il s’agissait davantage d’une provocation visant les autorités que d’un mouvement de soutien aux Hammond.

«Ces hommes du comté de Harney, qui revendiquent leur appartenance à une milice soutenant les éleveurs locaux, ont en réalité des motivations tout à fait différentes qui sont de tenter de renverser le gouvernement local et fédéral dans l’espoir de lancer un mouvement à travers les États-Unis», assurait M. Ward.

Une tour permet aux autorités de surveiller ce qui se passe dans le parc.
REUTERS
Une tour permet aux autorités de surveiller ce qui se passe dans le parc.

Les protestataires, un groupe disparate d’exploitants agricoles et d’éleveurs antigouvernementaux, ont assuré qu’ils n’excluaient pas de se défendre en cas d’assaut policier.

Après une manifestation qui avait rassemblé samedi environ 300 personnes à Burns, le groupe s’était rendu dans le parc fédéral, situé à 80 kilomètres de la ville de 2.800 âmes, où vivent entre autres animaux des chevaux sauvages et des antilopes d’Amérique.

Les écoles des alentours ont été fermées pour la semaine et le tribunal du comté a annoncé sa fermeture «pour des raisons de sécurité».

L’agence américaine de protection de la nature (US Fish and Wildlife Service) a de son côté expliqué sur Twitter que tout son personnel était en sécurité et qu’elle travaillait à «une résolution pacifique» de la situation.
Il s’agit du dernier incident en date opposant des exploitants agricoles de l’ouest américain au gouvernement fédéral, que les premiers accusent de mauvaise gestion des terres.