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«Honoré comme il se doit»

L’ex-maire de Québec Jean-Paul L’Allier, décédé mardi, aura droit à des funérailles civiques

L’ex-maire de Québec Jean-Paul L’Allier, décédé mardi.
Photo d'archives, Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc L’ex-maire de Québec Jean-Paul L’Allier, décédé mardi.

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Jean-Paul L’Allier, homme politique aguerri, grand tribun et principal artisan de la revitalisation du centre-ville de Québec, s’est éteint à 77 ans. Il aura droit à des funérailles civiques.

Celui qui a été maire de Québec pendant 16 ans est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l’Hôtel-Dieu de Québec. Selon ce qu’a appris Le Journal, il aurait succombé à une infection cardiaque. Son décès, qui a pris tout le monde par surprise, a été annoncé un peu avant 4 h mardi matin par communiqué.

Les hommages se sont ensuite succédé. Sur Twitter, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a offert ses condoléances à la famille et aux proches de l’ex-maire. «Un grand homme qui a fait avancer le Québec et notre capitale nationale», a-t-il écrit.

Sorti de ses vacances, le maire de Québec, Régis Labeaume, a salué avec émotion son prédécesseur. «C’est une nouvelle qui nous bouleverse et nous attriste profondément», a-t-il exprimé.

Nous apprenons avec tristesse aujourd’hui le décès d’un grand citoyen de notre ville, Jean-Paul L’Allier. Élu le 35e...

Posté par Régis Labeaume sur mardi 5 janvier 2016

Hommages

Refoulant ses larmes à quelques reprises, il a annoncé que M. L’Allier aura droit à des funérailles civiques. «Les détails seront rendus publics dans les prochaines heures», a-t-il souligné. L’Hôtel de Ville doit encore discuter de plusieurs points avec la famille.

Habituellement, lors de telles funérailles pour un ex-maire, on dresse une chapelle ardente à l’hôtel de ville et la cérémonie religieuse se tient à la basilique-cathédrale Notre-Dame, juste en face.

Quant aux autres hommages à venir, ils ne sont pas encore arrêtés. «Nous ferons ce qu’il faut. Il sera honoré comme il le mérite. N’ayez aucune crainte», a soutenu Régis Labeaume.

Jean-Paul L’Allier, avocat de formation, a commencé sa carrière politique en tant que député provincial libéral de Deux-Montagnes de 1970 à 1976. Il a dirigé plusieurs ministères au sein du cabinet de Robert Bourassa, soit ceux de la Jeunesse, du Loisir et des Sports, de la Fonction publique, des Communications et des Affaires culturelles.

La culture occupait une grande place dans la vie de l’homme politique. Président du conseil d’administration du Théâtre du Nouveau Monde en 1978, il aura aussi été président du Grand Théâtre de Québec et de la Fondation du TNM.

Revitalisation

Pendant son règne de 16 ans en tant que maire de Québec, plusieurs de ses réalisations en matière d’aménagement du territoire ont marqué l’histoire de la ville, souligne l’historien Réjean Lemoine, qui a été un allié, puis un opposant à Jean-Paul L’Allier sur la scène municipale. En ce sens, dit-il, il est avec Lucien Borne le maire qui a le plus marqué la ville en matière d’aménagement et de souci de développement.

À une époque où la tendance était à la construction d’autoroutes, parler de pistes cyclables et de parcs allait à contre-courant. Le changement de mentalité qui a mené à la revitalisation du centre-ville et à l’embellissement de la ville est «un tour de force politique», souligne M. Lemoine.

Fusions

Identifié par plusieurs comme l’instigateur des fusions municipales, Jean-Paul L’Allier a mené son combat à bout de bras, s’attirant les foudres des maires des villes réticentes aux regroupements.

Le départ des Nordiques de Québec lui a aussi fait mal. «Aux yeux de l’opinion publique, j’ai porté la casquette du gars de la culture qui a chassé les Nordiques», a-t-il affirmé, plusieurs années après le déménagement de l’équipe au Colorado.

— Avec la collaboration de Sarah Boucher