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Il veut son lave-vaisselle payé 40$ au lieu de 1149 $

L’entreprise lui refuse plaidant une erreur d’affichage sur son site internet

Éric Vézina, ici avec sa conjointe enceinte et leurs cinq enfants, espère pouvoir remplacer son vieux lave-vaisselle par celui payé 39 $ la semaine dernière, mais que le détaillant refuse de lui livrer, prétextant une erreur de prix sur son site web.
photo agence qmi, Marc DesRosiers Éric Vézina, ici avec sa conjointe enceinte et leurs cinq enfants, espère pouvoir remplacer son vieux lave-vaisselle par celui payé 39 $ la semaine dernière, mais que le détaillant refuse de lui livrer, prétextant une erreur de prix sur son site web.

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Un consommateur québécois exige qu’on lui vende le lave-vaisselle affiché par erreur 39 $ sur le site web d’un commerçant ontarien. Et la loi semble être de son côté.

Avec ses cinq enfants, sans compter celui qui est en route, Éric Vézina fait partie des gens pour qui un lave-vaisselle n’est pas un luxe. Mais le détaillant ontarien Canadian Appliance Source (CAS) refuse de lui vendre celui qu’il a acheté à cause d’une erreur dans le prix affiché sur son site web.

Offre imbattable

Le 25 décembre, Éric Vézina pensait pourtant avoir fait l’affaire du siècle sur le site web du vendeur d’électroménagers quand il a payé 39 $ un lave-vaisselle qui en valait 1149 $.

«Même le site web mentionnait qu’il s’agissait d’un rabais de 97 %. Je me suis alors dépêché de profiter de l’offre», dit au Journal le fonctionnaire fédéral vivant à Luskville, en Outaouais.

Le montant a même été débité sur sa carte de crédit, selon les documents qu’il nous a fait parvenir. Mais environ 45 minutes plus tard, l’homme de 34 ans a reçu un courriel l’informant que la transaction avait été annulée à cause d’une erreur de prix.

CAS, qui n’a pas rappelé Le Journal, lui a répondu par courriel que sa politique d’entreprise lui permettait d’annuler une vente dans ces cas.

Éric Vézina, ici avec sa conjointe enceinte et leurs cinq enfants, espère pouvoir remplacer son vieux lave-vaisselle par celui payé 39 $ la semaine dernière, mais que le détaillant refuse de lui livrer, prétextant une erreur de prix sur son site web.
capture d’écran

La loi de son côté

Une fois l’erreur réparée, le lave-vaisselle Bosch était en effet en vente à 679 $ hier sur le site web. Mais Éric Vézina exige qu’on lui vende le lave-vaisselle au prix auquel il l’a vu.

«Je connais la loi. Et je le leur ai dit», mentionne-t-il.

Le droit semble effectivement de son côté. Et cette loi a préséance sur les politiques des entreprises.

«Aucun commerçant ne peut, par quelque moyen que ce soit, exiger pour un bien ou un service un prix supérieur à celui qui est annoncé», mentionne la Loi sur la protection du consommateur.

En août 2015, un juge de la Cour du Québec a donné raison à une citoyenne de Sherbrooke qui contestait le refus de Sears Canada de lui vendre 12,99 $ un module de jeux pour enfants qui aurait plutôt dû être affiché à 129,99 $.

Le représentant de Sears avait alors souligné au juge que l’erreur avait été commise de bonne foi. Sans succès.

Lieu de résidence

Mais la loi québécoise s’applique-t-elle aux entreprises qui n’ont pas d’établissement au Québec, comme c’est le cas de Canadian Appliance Source, qui a trois commerces en Ontario, mais aucun au Québec?

Oui, répond avec assurance Charles Tanguay, porte-parole de l’Office de la protection du consommateur.

«Quand on a un contrat à distance, ce qui compte, c’est le lieu de résidence de l’acheteur, qui, dans ce cas, est ici, au Québec», explique-t-il.