/news/politics
Navigation

Jean-Paul L'Allier, un maire «visionnaire»

Émile Loranger reconnaît que Jean-Paul L'Allier a changé à jamais Québec

Jean-Paul L'Allier, un maire «visionnaire»

Coup d'oeil sur cet article

Ils ont affronté Jean-Paul L'Allier dans le débat sur les fusions, mais ses adversaires politiques reconnaissent la vision de l'ancien maire.

Émile Loranger a eu plusieurs divergences d’opinion avec Jean-Paul L’Allier, mais il reconnaît qu’il a changé à jamais la face de sa ville.

«Le journalistes retiennent qu’on s’engueulait. Ils voient comme un problème le fait qu’il y ait de la chicane. Mais moi j’appelle ça de l’opposition et c’est sain, ça permet de faire un débat plus éclairé», a commenté le maire de L’Ancienne-Lorette mardi matin, quelques heures après avoir appris le décès subit de l’ancien maire de Québec.

Parlant de débat, Émile Loranger se rappelle qu’il fallait se lever de bonne heure pour mettre en boîte Jean-Paul L’Allier pendant une joute oratoire. «Il était érudit pas à peu près. C’était quelqu’un avec qui il était plaisant de débattre parce qu’il en connaissait long. Quand ça m’arrivait de faire un débat avec lui, fallait que je me prépare en simonac parce que lui, était tout le temps prêt. Si tu ne voulais pas passer pour un cave, t’étais mieux de te préparer!»

Le maire de L’Ancienne-Lorette se souvient d’un homme passionné pour sa ville et pour la culture, «un grand démocrate» mais aussi une «tête de cochon» à ses heures. Il avait des adversaires politiques aussi entêtés, remarque Émile Loranger, avec lui-même et l’ex-mairesse de Sainte-Foy, Andrée P. Boucher.

«Sa grande force est qu’il était un grand rêveur. Il avait beaucoup d’idées et pour lui c’était important de les réaliser. Comment? Il s’en foutait, pourvu qu’elles se réalisent», se souvient celui qui s’est souvent indigné de la manie de Jean-Paul L’Allier de ne pas regarder à la dépense quand le budget de certains projets qu’il chérissait dépassait la limite. Particulièrement dans le domaine culturel. Même si M. Loranger était d’accord avec lui sur l’importance du développement culturel d’une ville, il questionnait souvent les dépassements de coûts. «Au budget, je lui demandais souvent : «C’est quoi la limite?» Il disais : «Je ne sais pas». Je lui répliquais : «Jean-Paul, il faut bien en mettre une!»»

S’il reproche encore aujourd’hui à M. L’Allier d’être le responsable des fusions municipales, M. Loranger reconnaît qu’il «a laissé une marque indélébile. Il a laissé de bonnes réalisations. Comme la notion d’embellissement de la ville, qui a fait de la capitale une ville où on a le goût de vivre.»

Shoiry

Paul Shoiry, chef de l’opposition à l’hôtel de ville et ancien maire de Sillery, a souvent eu des débats musclés avec M. L’Allier. Quand il s’est retrouvé dans l’opposition majoritaire après les fusions, il a noté la volonté du maire de travailler en collaboration pour faire avancer la ville. Celui-ci l’avait même nommé président de la société de transport. «Même si nous étions adversaires, je sollicitais parfois le maire pour des conseils.» Encore après son retrait de la vie politique, il arrivait à M. L’Allier de conseiller M. Shoiry à titre privé. «On avait du plaisir à jaser.»

Pour Jacques Langlois, ex-maire de Beauport, et Ralph Mercier, de Charlesbourg, les projets communs ont été aussi nombreux que les sujets de dissension avec Jean-Paul L’Allier. M. Langlois résume : «J’ai aimé le côtoyer. Il était sympatique, affable et comique. Je l’ai rencontré il n’y a pas si longtemps à Beauport. On a jasé et il m’a dit : «Jacques, tu sais que je t’aime ben.» Je lui ai répondu : «Moi aussi, Jean-Paul.»»